03 – Le film noir et blanc

Pour bien utiliser et développer un film noir et blanc, il est souhaitable de connaitre et bien comprendre ses caractéristiques.

Composition du film noir et blanc

Le film photographique noir et blanc est un sandwich composé de :

  • une couche anti-abrasion ou anti-rayures ;
  • une couche de produit sensible à la lumière (gélatino-bromure d’argent) ;
  • un support souple (substratum) ;
  • une couche anti-halo destinée à réduire les réflexions de lumières parasites vers la couche sensible.

 

Coupe d'un film noir et blanc montrant les différentes couches.

 

Reportez-vous à cet article pour revoir le principe du procédé gélatino-bromure d’argent en photographie noir et blanc.

Sensibilité du film

Pour rendre un film plus sensible à la lumière, il suffit qu’il puisse « attraper » plus facilement les photons.
Pour pécher des crevettes, en employant un filet plus grand, on attrape plus de crevettes !
En photographie, on emploie des sels d’argent plus grands pour attraper plus de photons.
Les sels d’argent étant plus grands, le grain apparent sur les photographies est plus visible et les photos perdent en définition ce quelles gagnent en sensibilité.
Cercle vicieux fréquent en photographie, il faudra faire un choix.
Des tentatives ont été menées pour améliorer la sensibilité sans augmenter le grain apparent, notamment par Kodak avec les pellicules de la série T-MAX.

Grain T

Imaginez les grains de sels d’argent comme de minuscules graviers de formes patatoïde. Un certain nombre de photons sont déviés et n’agissent pas efficacement. En fin de compte, les surfaces capables de « recevoir » les photons sont réduites.
En utilisant des grains aplatis (tabulaires), Kodak permet aux photons de percuter de face, perpendiculairement une plus grande surface sensible.
Il est possible à sensibilité égale, d’utiliser des grains plus petits, parce que plus efficaces et d’obtenir une image moins granuleuse, plus fine, mieux définie.
Par contre le type de grain est différent et ne plait pas à tous et surtout ne convient pas à tous les sujets, même s’il s’agit là d’excellentes pellicules ayant marqué une spectaculaire augmentation de la qualité.

Pellicule T-Max

J’aime beaucoup cette excellente pellicule T-Max, facile à développer pour qui respecte à la lettre la procédure au demeurant fort simple.
Pellicule qui ne souffre aucune fantaisie dans le traitement et vous le rend en fournissant des négatifs médiocres. Mais vous l’aurez voulu !
Cette pellicule à son lancement notamment, a été très critiquée dans certains photo-clubs par des experts autoproclamés se prenant très aux sérieux mais s’avérant de doux poètes de la chimie ou d’impérieux dictateurs du n’importe quoi !
J’ai beaucoup plus d’attaches pour les amateurs humbles et souriants, qui s’en tiennent à des procédures validées.
De cette manière avec un équipement simple il est possible d’égaler le travail des professionnels.

Sensitométrie

La sensitométrie permet de mesurer de manière scientifique la réaction d’une pellicule à la lumière, le seuil de sensibilité à partir duquel elle réagit et d’en tracer la courbe.
Cette sensibilité est codifiée par la norme ISO (International Standards Organisation) qui regroupe les deux anciens systèmes les plus utilisés (il en a existé de nombreux autres, chaque fabricant ayant ses normes, à une époque) :

  • ASA (American Standards Association) ;
  • DIN (Deutsches Institut für Normung).

La sensibilité nominale est indiquée sur chaque boite de pellicule :
ISO 100/21° soit 100 ASA et 21 degrés DIN ;
ISO 200/24° soit 200 ASA et 24 degrés DIN ;
ISO 400/27° soit 400 ASA et 27 degrés DIN.
Pour revoir à quoi correspondent DIN et ASA, suivez ce lien.

Sensibilité nominale

Indiquée comme point de départ par le fabricant, elle permet d’obtenir de bons résultats standards.
Nous verrons un peu plus loin dans ce cours comment corriger cette donnée en fonction de notre équipement, la chimie utilisée et notre façon de travailler.

Recommandations

A nouveau, j’insiste sur le fait, notamment pour les débutants, qu’il faut absolument éviter de papillonner sur l’internet pour trouver des recettes ésotériques censées vous faire découvrir le Graal du laborantin photographe.
Vous perdrez un temps précieux, risquerez de vous décourager et d’abandonner frustré(e) une pratique dans laquelle vous pouvez exceller et trouver énormément de satisfaction.
Apprenez à faire un développement standard de qualité, il comblera vos attentes dans plus de 90% de vos besoins.
Une fois bien formé(e) si la curiosité vous y pousse, il sera temps d’aller explorer quelques voies parallèles utiles.
Elles ne sont pas aussi nombreuses que certain voudraient faire croire.
Bien armé(e) vous serez à même de faire très rapidement le tri entre technique et délire !

 

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3 Comments

  • Périchaud Alain

    Reply Reply 28 juillet 2015

    Maintenant que j’ai du temps, je me suis remis à l’argentique et au plaisir de développer son négatif, de le tirer au labo photo.
    En fait, je préfère les mystères de la chimie aux mystères de l’informatique !

    • Patrick LOUICHE

      Reply Reply 28 juillet 2015

      Bonjour,
      effectivement, vous êtes un certain nombre à vous remettre à l’argentique, noir et blanc ou couleur.

  • Marc

    Reply Reply 29 novembre 2012

    Idem c’est plus de notre age !!!

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