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08 – Les bonnes bases du labo noir et blanc

Pour prendre de bonnes habitudes au labo noir et blanc, vous devez travailler comme une machine, avec la régularité et la répétitivité d’un ordinateur.
Pas très poétique mais efficace !

Se préparer à l’efficacité dans son labo noir et blanc

Dans cet article, je vais vous révéler quelles réflexions personnelles à propos du tirage noir et blanc.
Si vous suivez scrupuleusement les recommandations que je donne, vous n’aurez aucun problème pour aborder le développement et le tirage noir et blanc, et même la couleur, pourtant et fort injustement réputée difficile et couteuse en matériel.
Un tel article semble bien sûr anachronique avec l’avènement de la photo numérique.
Je reste cependant convaincu qu’un tirage traditionnel, principalement en noir et blanc, est plus durable et surtout plus satisfaisant au niveau de la démarche photographique, qu’un tirage imprimé sur une machine impersonnelle.
Voir l’image monter dans le révélateur reste un plaisir majeur de la création photographique.

Dans un prochain article, je vous montrerai, vidéo à l’appui, comment mener à bien un développement standard, de qualité.
Si vous lisez ces lignes, je suppose que vous êtes débutant dans cette pratique du laboratoire noir et blanc.
Je veux absolument vous mettre en garde sur les errements courants des novices, influencés par des « maîtres à penser », plus soucieux d’impressionner leur entourage que d’efficacité.

Il est essentiel pour arriver à une bonne pratique de commencer par standardiser son travail, de reproduire chaque étape de manière absolument identique, d’une séance à l’autre.

C’est la seule manière de pouvoir agir à tout moment sur un paramètre déterminé, en vue d’obtenir un résultat différent du résultat standard.
Si vous n’avez pas cette méthode standardisée, il vous sera tout simplement impossible de progresser !

Cette méthode standardisée commence par acheter des produits standards, adaptées à la pellicule que vous utilisez.

Vous effectuerez donc votre premier développement en respectant scrupuleusement température, agitation, temps de traitement.
Une fois les premiers résultats obtenus et satisfaisants, vous pouvez commencer à modifier ce standard selon vos goûts et désirs.

Ainsi, si vous voulez obtenir des négatifs un peu moins contrastés pour compenser des prises de vue sous un soleil violent, des scènes de vacances en plein soleil, à la plage, vous pourrez diminuer le temps de développement de 15 %.

Au contraire, vous venez de réaliser des prises de vue avec un sujet peu contrasté et une lumière plate, par exemple un paysage enneigé sous un ciel nuageux, vous pourrez augmenter le temps de développement de 15 %, ce qui aura pour effet d’augmenter le contraste de votre négatif.

En restant dans cette limite de plus ou moins 15 %, vous ne constaterez aucune conséquence sur la qualité finale de l’image que vous aurez ainsi pu personnaliser au niveau du rendu général, portant sur le contraste.

Cette modification doit bien entendu être apportée avec un contrôle rigoureux des autres paramètres, température et agitation.

En travaillant de cette manière très méthodique, vous constaterez qu’avec un matériel simple (cuve de développement, thermomètre) et des produits chimiques de qualité, vous obtiendrez immédiatement des résultats proches de ceux des tireurs professionnels.

Excusez-moi d’insister lourdement sur cette méthodologie de base.

J’ai vu tellement d’amateurs se dégoûter du laboratoire noir et blanc comme du laboratoire couleur, uniquement à cause de mauvaises pratiques.
Il est tellement simple d’acquérir les bons gestes au départ et tellement difficile de rectifier plus tard de mauvaises habitudes, que je préfère vous agacer un peu avec ces quelques lignes, et que nous n’ayons plus jamais à aborder ce sujet.

Je vous citerai pour exemple une journaliste qui est venue me voir.

Depuis plusieurs années elle tenait absolument à développer elle-même ses photos en noir et blanc.
Elle a pris contact avec moi, excédée d’avoir passé une nuit à tenter de tirer trois photographies identiques.

Ces trois photos nécessitant un masquage pour équilibrer les densités, elle était désespérée de ne pouvoir y arriver.
Avant de lui expliquer quoi que ce soit, je lui ai demandé d’effectuer devant moi, un tirage, tel qu’elle faisait habituellement.

N’ayant absolument aucune méthode, elle avait appris quelques années auparavant dans un photo club, elle ne contrôlait aucun paramètre.

Si la photo semblait noircir trop vite, elle la sortait prématurément du révélateur.

Au contraire, une photo qui tardait à prendre ses densités voyait le temps de traitement dans le révélateur prolongé, pour aboutir à une photo grisâtre aux blancs sales.

La solution était simple.
Lui faire comprendre que, comme en prise de vue, les densités sur le papier de tirage, dépendent de l’exposition sous l’agrandisseur, c’est-à-dire un diaphragme et un temps de pose bien adaptés.

Le révélateur ne servant, qu’à révéler, comme son nom l’indique, la photographie produite par l’exposition juste.

En l’obligeant à appliquer une méthode stricte, elle a eu la surprise de voir qu’elle était capable, seulement une demi-heure après, de réaliser ses tirages, comme elle les souhaitait et de manière reproductible.

Ensuite, après examen de ses négatifs, il s’est avéré qu’elle n’avait pas plus de méthode pour mener à bien ses développements de films.

En un après-midi, elle est devenue une bonne tireuse.
Ses difficiles expériences lui ayant malgré tout fourni un certain apprentissage pour pouvoir acquérir rapidement une bonne pratique.

Mais que de temps perdu et de stress inutile !

Partez donc sur de bonnes bases et je suis convaincu que vous deviendrez une amoureuse ou un amoureux du laboratoire noir et blanc.

Pensez à liker et dire ce que vous en pensez !

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