Au cours de mes stages, je me suis aperçu que la plupart des possesseurs d’appareils Reflex ne savent pas utiliser correctement leur testeur de profondeur de champ.
Pire, ils ne savent en généralement pas à quoi cet accessoire peut bien servir !

Présélection du diaphragme

Sur un appareil reflex, la visée se fait au travers de l’objectif.
Pour conserver un viseur bien clair, les ingénieurs ont mis au point ce que l’on appelle la présélection du diaphragme.

Comme son nom l’indique « pré sélection », ce dispositif permet de choisir le diaphragme qui sera utilisé au moment du déclenchement, mais seulement au moment du déclenchement.

En effet, si vous choisissez une ouverture assez réduite comme f/16 ou f/22, le trou laissant passer la lumière dans l’objectif étant très réduit, votre visée serait très sombre.
Vous ne verriez pratiquement rien dans votre viseur.

En fait, sur les appareils modernes, lorsqu’on choisit une ouverture de diaphragme, le diaphragme reste ouvert à sa plus grande ouverture.
Ce n’est qu’au moment du déclenchement, lorsqu’on appuie sur le déclencheur, que le diaphragme se ferme à sa vraie valeur, à sa valeur de travail.
Ensuite, le miroir du réflexe relève.
À ce moment, vous ne voyez plus rien dans le viseur qui est totalement noir.
L’obturateur fonctionne et enregistre l’image.
Le miroir redescend.

Le diaphragme s’ouvre de nouveaux à sa plus grande ouverture et vous retrouvez un viseur parfaitement clair.
Tout ce cycle de déclenchement étant extrêmement bref la plupart du temps, on n’y prête pas attention.

Pourquoi un testeur de profondeur de champ ?

L’inconvénient de ce système fait que la profondeur de champ affichée dans le viseur est toujours extrêmement réduite, puisque le diaphragme pendant la visée est totalement ouvert.

Il s’ensuit quelque déconvenues, lorsque par exemple vous photographiez un modèle en portrait.
Préoccupé par la réussite de votre photo au niveau de l’expression, vous orientez toute votre attention sur l’expression du modèle et vous oubliez le fond qui peut être disgracieux.

Le diaphragme étant entièrement ouvert, la profondeur de champ se trouve réduite au maximum, le fonds apparaît flou sur votre photo et ne vous dérange pas.

Mais, si par malheur, vous avez opté pour un diaphragme très fermé (f/16 ou f/22) vous risquez de vous retrouver avec un fond bien envahissant sur la photo finale.

En fait, avant de déclencher, il suffit d’appuyer sur le bouton du testeur de profondeur de champ pour fermer le diaphragme à sa vraie valeur de travail et ainsi de constater avant le déclenchement quelle sera l’étendue de cette profondeur de champ.

Bien entendu, puisque vous fermez le diaphragme, il va laisser entrer moins de lumière.
La visée va devenir sombre et vous distinguerez moins votre sujet.

Utiliser le testeur de profondeur de champ demande une petite accoutumance, mais, on s’y fait très vite.
Comme pour tout, il faut s’exercer !

Comment utiliser votre testeur de profondeur de champ ?

Voilà une série de petits exercices simples qui vont vous faire aimer votre testeur de profondeur de champ.
Choisissez un objet coloré sur lequel figure un texte.

Premier exercice

Pour cet exercice, même si vous n’êtes pas un grand amateur de ce breuvage, achetez une boîte de Coca-Cola.

  • Placez ce magnifique produit de notre société de consommation à 50 cm de votre objectif.
  • Faites la netteté sur cette boîte (opérez de préférence en mode manuel).
  • Opérez en mode manuel pour la netteté, mais choisissez le mode priorité au diaphragme (AV) pour l’exposition.
  • Cadrez de manière à placer la boîte près d’un angle de votre cadrage, et choisissez un décor avec des objets qui s’étalent sur plusieurs plans.
  • Choisissez un diaphragme le plus fermé existant sur votre objectif (f/22 ou f/32).

Si vous prêtez bien attention à ce que vous voyez dans votre viseur, seule la boîte est nette.

  • Appuyez maintenant sur votre testeur de profondeur de champ et observez bien la scène que vous voyez dans votre viseur.
    Les objets plus éloignés qui étaient flous, deviennent nets et même les objets les plus éloignés sont presque nets également.

Deuxième exercice

  • Conservez le même éloignement par rapport à la boîte et le même cadrage.
  • Sans rien changer d’autre, réglez maintenant la netteté sur le sujet le plus éloigné.
    En fait, réglez votre objectif sur l’infini.
    Le fond de la scène est devenu net.
    La boîte de coca est totalement floue.
  • Appuyez de nouveau sur le testeur de profondeur de champ et constatez comme la boîte devient nette.

Troisième exercice

  • Faites maintenant la netteté à une distance située à environ un tiers de la distance entre votre objectif et le sujet le plus éloigné que vous cadrez dans votre viseur.
  • En appuyant sur votre testeur de profondeur de champ, tout est net, de la boîte jusqu’au fond de la scène.

Conclusion

Ce que vous venez de faire avec votre testeur de profondeur de champ vous permet de constater avant la prise de vue, comment votre appareil photo va enregistrer la photographie lorsqu’il aura fermé le diaphragme à la valeur que vous avez choisie d’utiliser.

Bien entendu, la cellule de mesure de la lumière tient compte de la valeur effective du diaphragme pour commander le temps de pose lorsque vous travaillez en mode priorité diaphragme.

Utiliser ou non le testeur de profondeur de champ ne changera strictement rien sur la photo prise par l’appareil photo.
La seule différence, c’est que ce testeur de profondeur de champ vous permet, avant de déclencher, de savoir exactement quelle sera l’étendue de la netteté et si cela correspond bien à ce que vous attendez de votre système.

Faites méthodiquement cet exercice avec divers diaphragmes et la maîtrise de la profondeur de champ n’aura plus aucun secret pour vous !

Et vous, que pensez-vous de cet exercice ?
L’utilisez-vous systématiquement votre testeur de profondeur de champ avant de déclencher ?