Couple vitesse et diaphragme
Vitesse et diaphragme sont les seuls paramètres purement techniques qui vous permettent d’exprimer votre talent et votre créativité. Autant bien les maitriser !
Le diaphragme et l’obturateur ont chacun deux rôles essentiels qui se complètent et permettent au photographe d’exprimer son talent.
Diaphragme
Le diaphragme a deux rôles essentiels :
- doser la lumière (comme la pupille de l’œil)
- doser la profondeur de champ.
Le dosage de la profondeur de champ est sans doute la fonction la plus intéressante et la plus importante, offerte par le diaphragme.
Le dosage de la profondeur de champ permet en effet, par le jeu du net et du flou de donner artificiellement du volume à la photo, de guider l’œil du spectateur.
Obturateur
L’obturateur également a deux rôles :
- Protéger la pellicule ou le capteur, de la lumière, en dehors des courtes périodes de prises de vue.
- Gérer le mouvement.
Obturateur et diaphragme
Le fonctionnement simultané de l’obturateur et du diaphragme doit aboutir à une exposition correcte du film ou du capteur.
Ils fonctionnent en synergie pour introduire dans l’appareil photo la quantité de lumière nécessaire.
Un peu trop de lumière et la photo sera trop claire, surexposée !
Trop peu, elle sera sous exposée, trop sombre.
Vitesse, diaphragme et baignoire
L’exemple le plus simple pour bien comprendre le fonctionnement du couple obturateur/diaphragme est de comparer son appareil photo à un récipient que l’on remplit de lumière !
L’obturateur devient une minuterie qui va compter le temps pendant lequel le liquide « lumière » va couler pour remplir la pellicule.
Le diaphragme devient le « robinet » à lumière !
Plus le diaphragme est ouvert, plus la lumière coule à flot, comme l’eau dans votre baignoire, quand vous ouvrez grand le robinet !
ISO – ASA – DIN
Le nombre de ISO de la pellicule, indique l’inverse de sa contenance.
Plus il y a de ISO, moins la pellicule a besoin de lumière !
Imaginons une pellicule d’une contenance de 1600 litres de lumière ! (1600 ISO)
Le robinet (le diaphragme) suivant le nombre choisi, laissera passer :

- Si votre robinet à lumière est réglé sur la première position,
f/1, il fera couler 1600 en 1 seconde :
1600/1600 = 1.
Vous devrez donc faire fonctionner le système pendant 1 seconde pour que la pellicule (ou le capteur numérique) soit “remplie” de lumière.
- Réglé sur la deuxième position,
f/1,4 il fera couler 800 par seconde.
1600/800 = 2 s
Vous devrez donc faire fonctionner le système pendant 2 secondes.
- f/2 à 400 par seconde
1600 /400 = 4 s
Vous devrez faire fonctionner le système pendant 4 secondes.
- f/2,8 à 200 par seconde
1600 /200 = 8 s
Vous devrez faire fonctionner le système pendant 8 secondes.
- f/4 à 100 par seconde
1600 /100 = 16 s
Vous devrez faire fonctionner le système pendant 16 secondes.
- f/5,6 à 50 par seconde
1600 /50 = 32 s
Vous devrez faire fonctionner le système pendant 32 secondes.
- f/8 à 25 par seconde
1600 /25 = 64 s
Vous devrez faire fonctionner le système pendant 64 secondes.
Cette démonstration un peu longue, vous permet de constater que plus le diaphragme laisse entrer un flot important de lumière, moins il faut de temps pour « remplir » la pellicule.
C’est exactement comme lorsque vous décidez de remplir votre baignoire, si le robinet est ouvert en grand, il faudra beaucoup moins de temps qu’avec un petit filet d’eau !
Ça paraît très logique dans la salle de bains et beaucoup moins l’appareil photo dans les mains !
Pourtant, c’est exactement le même raisonnement.
Retenez donc que plus le trou du diaphragme est grand, plus le robinet est ouvert et moins il faut de temps pour “remplir” la pellicule de lumière !
Résumé de l’exemple ci-dessus :

Ce qu’il faut retenir de cet exemple est que lorsque le diaphragme laisse passer deux fois moins de lumière, l’obturateur doit rester ouvert deux fois plus longtemps.
Inversement, si vous souhaitez laisser l’obturateur ouvert deux fois moins longtemps, il faudra penser à ouvrir votre diaphragme d’un cran, pour laisser entrer deux fois plus de lumière.
Rappel les vitesses et fractions de secondes
Les temps de pose indiqués sur les appareils photo et les appareils de mesure sont des fractions de seconde ou des secondes entières, pour les poses longues.
1/30 veut dire que l’on a « découpé » une seconde, en trente parties égales !
1/125 veut dire que l’on a découpé la seconde en 125 parties égales ! (Pensez à une galette des rois… Si l’on fait 125 parts, elles seront plus petites que si l’on fait 30 parts, dans la même galette !)
1/125 est donc un temps de pose plus court que 1/30 !
L’obturateur reste ouvert deux fois plus longtemps au 1/30 qu’au 1/60… Et quatre fois plus longtemps qu’au 1/125 !
De la même manière, dans les temps de pose longs, passer de 30 secondes à 60 secondes, ne fait que doubler le temps.
C’est impressionnant et pourtant, c’est le même écart que de passer de 1/4000 s à 1/2000 s !
Dans les deux cas, ça correspond à un cran, une valeur.
Pour rétablir l’équilibre, il suffit de décaler le diaphragme d’un cran, d’une valeur également !
Exemple plus réaliste pour choisir vitesse et diaphragme
La cellule photoélectrique de notre appareil photo nous simplifie la tâche.
La cellule détermine la quantité exacte de lumière qu’elle doit fournir à notre appareil photo (à la pellicule ou au capteur) pour une situation donnée.
En observant le tableau précédent, imaginons un premier couple proposé par notre appareil :
f/8-1/250
Déterminons notre choix en fonction du sujet.
Exposition et Paysage
Selon notre sujet et ce que nous voulons exprimer, nous décidons de rechercher la profondeur de champ maximum.
Nous devons fermer le diaphragme le plus possible.
Pour des raisons de qualité d’image, il faut toujours éviter d’utiliser les diaphragmes les plus extrêmes.
Limitons-nous au diaphragme f/22 et adoptons le couple f/22-1/30.
Ce temps de pose permet de travailler à main levée, avec une focale de 28 mm à 50 mm.
En vue d’un agrandissement, afin d’obtenir un maximum de précision dans les détails, il peut être prudent d’utiliser un pied ou de caler l’appareil sur un support.
Exposition et Personnage
- Portrait d’un personnage
Le décor du fonds n’est pas très élégant.
Un visage ressort mieux, prend plus de relief en se détachant sur un fond flou.
Sans retenir un diaphragme extrême, choisissons un couple vitesse/diaphragme donnant la profondeur de champ minimum, comme f/2,8 et 1/2000″
Exposition et Personnage en mouvement
- Notre ami (e) est en train de faire son footing et nous voulons immortaliser cet instant privilégié !
Immobilisons totalement le mouvement.
Notre ami ne court pas vite ; 1/125 sera suffisant.
Couple : f/11 et 1/125.
- Notre ami va tenter de sauter par-dessus le ruisseau…
Et nous demande un beau souvenir !
Le mouvement va être assez rapide.
Pour assurer une profondeur de champ juste suffisante, tout en figeant le mouvement, nous choisissons f/5,6 et 1/500.
Choisir 1/1000 serait tentant au risque de se retrouver avec une profondeur de champ un peu faible.
Comme vous le voyez, quel que soit le couple de base proposé par l’appareil photo, c’est au photographe de faire le choix définitif en fonction de son sujet et du message qu’il veut faire passer.
Il n’y a aucun déshonneur, loin de là, à utiliser son appareil photo en automatique.
Il suffit de contrôler les paramètres proposés par l’automatisme et les adapter aux circonstances.
Pour aller plus loin, lisez l’article sur l’indice de lumination (IL ou I.L.) Exposure value (E.V. en anglais) Les valeurs normalisées des diaphragmes.
Pour obtenir la profondeur de champ maximum, utilisez l’hyperfocale !


toujours précieux et précis tes articles !