Partie rectiligne de la courbe caractéristique

07 – Courbe caractéristique du film

La courbe caractéristique d’une émulsion permet de transcrire de façon graphique les capacités d’une pellicule à réagir aux différentes intensités lumineuses du sujet.

Courbe caractéristique

Le mode opératoire a été standardisé selon la norme ISO.
Pour faire simple, on expose un négatif à une certaine intensité lumineuse, on développe le film et on mesure son noircissement.
On double l’intensité lumineuse, on développe et on mesure de noircissement.
Les différentes mesures sont reportées sur un graphique.
En abscisse, les différentes intensités lumineuses et en ordonnée les densités obtenues sur le négatif.

Si vous avez du mal à vous y retrouver avec les abscisses et les ordonnées, un mnémotechnique tout simple :

 

Mnémotechnique pour retrouver abscisse et ordonnée

Mnémotechnique Abscisse / Ordonné

 

On obtient ainsi la courbe caractéristique du film.
Pour ceux qui ont manipulé un logiciel de traitement d’images, vous retrouverez une courbe en « S » comparable à celle obtenue dans le réglage « Courbe », pour modifier le rendu de l’image.

 

Schéma courbe caracactéristique d'un film

Les différentes zones d’une courbe caractéristique d’un film

 

Pied de courbe

Le pied de courbe est située en partie gauche de la courbe caractéristique.
Ce pied de courbe correspond aux parties sombres du sujet, à des faibles densités sur le négatif, c’est une zone de sous-exposition.
Au début, le film ne réagit pas à de faibles intensités lumineuses.
Le démarrage est lent et le noircissement n’est pas proportionnel à l’augmentation de l’intensité lumineuse.
Cette partie de la courbe s’appelle le pied de courbe.
C’est dans le pied de courbe que l’on trouve la densité minimum (D Min).
Cette D Min correspond à la plus grande transparence du négatif.

Partie rectiligne

La partie rectiligne ou partie centrale de la courbe.
Cette partie plus ou moins rectiligne, dont l’inclinaison est proche de 45°, correspond aux valeurs moyennes de lumination.
Le noircissement du négatif est proportionnel à l’intensité lumineuse de l’exposition.

Épaule de la courbe

L’épaule de la courbe est la zone la plus à droite de la courbe.
Cette partie droite de la courbe correspond aux fortes intensités lumineuses.
C’est une zone de surexposition du négatif.
Le noircissement du négatif n’est plus proportionnel à l’intensité lumineuse de l’exposition.
C’est-à-dire que le noircissement du film augmente moins vite que l’augmentation de l’exposition.
Il s’ensuit un fléchissement de la courbe, pouvant aller, à l’extrême à une diminution de la densité malgré une augmentation de la lumination.
On se trouve dans ce cas en face d’un effet de solarisation par surexposition du film.
C’est dans l’épaule de courbe que l’on trouve la densité maximum (D Max).
Cette densité maximum correspond au noircissement maximum que peut atteindre le négatif.
A partir d’une certaine illumination, l’exposition a beau augmenter, le noircissement n’évolue plus.
Informations fournies par la courbe caractéristique du film

En observant le graphique de cette courbe, il est possible de comprendre comment le film va réagir avec notre sujet à photographier.

Pied de courbe long

Un pied de courbe long indique que le film (voir plus haut) réagit peu à l’augmentation de l’intensité lumineuse dans les parties sombres du sujet.
Il s’ensuit une grande variété de gris et des ombres peu contrastées.
A l’inverse un pied de courbe court indique que le film réagit brutalement à l’augmentation de l’intensité lumineuse. Il y aura peu de valeurs de gris différentes pour traduire les variations d’intensité lumineuse, les parties sombres du sujet seront très contrastées.

Partie rectiligne

Une partie rectiligne inclinée à 45° indique que le film réagit proportionnellement à la variation d’intensité lumineuse.
Ce film enregistrera correctement un sujet courant sans en modifier le contraste.
Au contraire, une partie rectiligne plus inclinée indique le noircissement du film est plus rapide que l’augmentation de l’exposition.
Ce type de film augmente le contraste du sujet.

 

Partie rectiligne de la courbe caractéristique

Partie rectiligne à 45°

Dans ce cas nous sommes en présence d’un film à haut contraste qui va renforcer, augmenter le contraste du sujet photographié.
Une partie rectiligne présentant un angle inférieur à 45° indique que ce type de film réagit lentement à l’augmentation de la luminosité, son noircissement n’est pas proportionnel.
Il s’agit dans ce cas d’un film à faible contraste présentant une grande gamme de gris intermédiaires.

 

Partie rectiligne inclinée à moins de 45°

Partie rectiligne inclinée à moins de 45°

Ce type de film diminue le contraste d’origine du sujet photographié.

Épaule de la courbe

Le même raisonnement est valable pour l’épaule de la courbe.
Une épaule courte indique que le noircissement est plus rapide que l’augmentation de la luminosité et correspond à un film contrasté dans les hautes lumières.
Et une épaule longue correspond donc à un film peu contrasté dans les hautes lumières.

Conclusion

Bien entendu ces caractéristiques sont déterminées par le fabricant.
Nous verrons un peu plus loin dans ce cours de laboratoire noir et blanc, qu’il est possible d’intervenir et de modifier dans une certaine mesure cette courbe en jouant sur l’exposition et le développement associé.
D’où une règle mille fois répétée :
« On expose pour les ombres et on développe pour les lumières ».
Ce qui veut dire que la qualité des parties sombres du négatif est contrôlée par le couple vitesse/diaphragme et la qualité des hautes densités, correspondant aux parties claires du sujet sont contrôlés par le développement.
Le but étant au final d’obtenir un négatif avec un minimum de gris différents pour éviter ce que l’on appelle des ombres bouchées, c’est-à-dire des zones sombres d’un seul noir uniforme sans détails.
Un développement adapté permettra d’obtenir dans les parties du négatif correspondant aux parties claires du sujet, des densités modulées offrant encore une variation suffisante dans les gris sombres du négatif, permettant d’obtenir au tirage un modelé dans les zones les plus claires du tirage, évitant ce que l’on appelle des « lumières brûlées » (on dit souvent « cramées »).

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