Des photos plus nettes en 7 conseils

En répondant à un commentaire posté sous l’article : « Comment photographier la lune simplement » j’ai pris conscience qu’un certain nombre parmi vous ont encore des difficultés pour obtenir une image bien nette.

Mieux Photographier

Cela tient souvent à une méconnaissance du matériel et de son fonctionnement.

 

La photo nette

La netteté d’une photo dépend de la qualité du matériel et de la façon de s’en servir !
©-agsandrew-fotolia.com

La notion d’image nette recouvre plusieurs difficultés techniques d’origines bien différentes :

  • le bougé
  • une mauvaise mise au point
  • un mauvais choix de diaphragme
  • une sensibilité ISO mal adaptée

Le bougé

Simple en apparence, le problème du bougé peut s’avérer plus délicat à traiter que vous ne le pensez !
À main levée, vous devez tous connaître la règle de base :

  • le temps de pose doit être égal ou plus court que l’inverse de la focale.

Si vous utilisez un 300 mm le temps de pose minimum doit être 1/300 de seconde.
Avec un 50 mm, 1/50 ou plus court, 1/125,1/250…
À 1/30, vous prenez des risques… À moins d’utiliser un bon stabilisateur d’images !

image-nette

Le bougé sur pied

Sur pied, c’est plus pernicieux.
Vous vous sentez rassuré par le pied et pourtant, vous pouvez avoir des surprises !
Déjà, votre pied doit être lourd et stable, surtout avec un appareil réflexe.

Un pied à 30 € sera tout juste bon pour un compact et encore, avec quelques précautions.
Avec un appareil reflex, le mouvement du miroir engendre des vibrations.

Avec une longue focale (200 ou 300 mm) et un temps de pose moyen, 1/8,1/15, sans précautions particulières, un léger bougé de vibrations suffira à faire baisser le piqué de votre photo.

Surtout si vous vous êtes contentés de fixer votre appareil photo par le boîtier uniquement, sur votre pied.
Certains objectifs de qualité sont fournis avec un écrou de pied, ce n’est pas uniquement pour faire joli !
C’est une nécessité.

Exemple de fixation renforcée

Utilisez un renfort et le collier d’objectif pour une image plus nette.

 

Vous pouvez utiliser un deuxième pied, une jambe de force ou un appui quelconque pour rendre votre système totalement stable.

 

Fixation par l'objectif

Si votre objectif est plus lourd que le boitier, fixez l’objectif sur le trépied photo.

 

Si votre boîtier est léger (hybride, réflexe léger) et votre objectif assez lourd, il vaut mieux fixer l’objectif sur le pied, plutôt que le boîtier.

 

Appareil stabilisé sur 2 pieds.

Une fois votre appareil bien orienté, vous pouvez placer un deuxième pied pour soutenir l’objectif.

Manfrotto fabrique ce genre d’accessoire, vous le trouverez à la boutique chasseur d’images sous la dénomination Support « Spécial Téléobjectif » Manfrotto.
Un autre système de support de téléobjectif conçu également par Manfrotto, plus pratique à utiliser, suffisant pour des focales jusqu’à 300mm, avec un pied de qualité.
 
Mieux Photographier

Astuce

Utilisez un déclencheur souple ou une télécommande pour déclencher sans bougé.
Pas de déclencheur souple ?
Utilisez le retardement.
2 secondes suffisent pour un compact ou bridge, un hybride avec un petit objectif.
5 ou 10 secondes pour un reflex.
Si vous pouvez le régler, choisissez un mode avec levée du miroir avant le décompte du temps. Votre système aura le temps de se stabiliser et déclencher sans vibration.

Le stabilisateur d’images

Une autre source courante d’insatisfaction est d’oublier de débrayer le stabilisateur d’images lorsque vous êtes sur pied !
Le stabilisateur d’images et conçues pour traiter un mouvement de base moyen du boîtier tenu à main levée.
Sur pied, ce mouvement de base n’existe plus, mais votre système cherche à le corriger tout de même !

Dans ce cas, c’est le stabilisateur d’images qui va créer un bougé artificiel !

Lestez votre pied photo

Si vous ne disposez pas d’un pied lourd, vous devriez systématiquement lester votre pied par un poids que vous suspendrez sous la colonne centrale.
Un certain nombre de pieds sont fourni avec un crochet, sous la colonne centrale.
Puisqu’il existe, pensez à l’utiliser…

Si vous n’en disposez pas, fixez un sac attaché avec un cordon et placez quelques pierres, une bouteille d’eau, pour lester l’ensemble.

Évitez la focale maxi !

Je sais, ça va vous faire beaucoup de peine, vous qui avez cassé votre tirelire pour avoir une focale extraordinaire !
Les zooms sont rarement bons sur la focale la plus forte, pour un 300 mm, par exemple un 100 mm-300 mm, limitez-vous à 250 mm.

Le bon diaphragme

De par leur construction, les objectifs offrent leur meilleure qualité deux à trois crans au-dessus de l’ouverture maximum.

Si votre zoom est un 100 mm-300 mm à ouverture constante f/2,8, ou un objectif à focale fixe ouvrant également à f/2,8 il y a de grandes chances pour que son meilleur rendement optique soit entre f/5, 6 et f/8.

Faites en sorte de travailler sur l’un de ces deux diaphragmes.

Si votre zoom est à ouverture glissante, du genre F/3,5-F/5,6, à 300 mm, votre meilleur diaphragme se situera entre F/11 et F/16.

Ce n’est pas forcément réjouissant, mais c’est comme ça…
Voilà pourquoi je continue à préférer les objectifs à focale fixe !

La bonne valeur ISO

Le rôle des techniciens et des gens de marketing est de pousser à la vente de matériel toujours plus époustouflant !
Passée la mode des millions de pixels, c’est maintenant le délire ISO !
12 800 ISO, 25 600 ISO est évidemment autrement plus vendeur qu’un minable capteur capable d’enregistrer à 1600 ISO…

Je ne conteste pas les progrès spectaculaires faits dans la gestion du bruit numérique.
Il est agréable de pouvoir photographier un concert et obtenir des images acceptables à 1600 ISO.

Mais pour avoir la plus haute qualité d’image possible, la recette est simple, utilisez la valeur ISO native de votre capteur.
En général, c’est la valeur ISO la plus basse permise par votre système.
100 ISO en général, 160 ou 200 ISO sur certains modèles.

La mise au point pour des images nettes…

Je viens en dernier sur ce critère auquel on pense immédiatement leurs que on a des soucis de netteté de son image.

Tout ce que nous avons vu précédemment correspond au piqué de l’image.
Le terme netteté ne devrait s’appliquer que pour la mise au point.

Toujours avec une longue focale, sur certains sujets, comme un portrait, il est essentiel de bien choisir la zone de netteté.
Pour un portrait, la netteté doit se faire sur les yeux.

Si vous recherchez la qualité optique la meilleure, le diaphragme retenu comme indiqué plus haut, doit vous fournir une profondeur de champ suffisante pour obtenir un bon résultat.

Autofocus pas toujours si net !

Dans certains cas, n’hésitez pas à repasser en mise au point manuelle pour être absolument sûr d’obtenir la netteté exactement à l’endroit où vous le souhaitez.

Appliquez point par point ces différentes recommandations et je vous garantis une amélioration parfois spectaculaire de la qualité de vos images.

Ces recommandations vont-elles vous aider ?
Dites-le-moi en laissant un commentaire ci-dessous.
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16 Comments

  • Rémi

    Reply Reply 9 décembre 2014

    Bonjour Patrick,

    Il me vient à l’esprit 3 « recettes » pour compléter ce que vous avez écrit.
    De tête, ce sont des astuces que j’ai lu dans un ou des livres de Scott Kelby. Elles concernent l’ouverture du diaphragme. Vous en parlez d’ailleurs un peu dans votre article.

    Il a en gros 3 ouvertures « magiques ». Je parle pour les zooms.
    – L’ouverture maximum de votre objectif + 2 « crans ». Cela correspond la plupart du temps à la meilleur qualité de l’objectif.
    – F11 – C’est une ouverture passe partout.
    – F22 – Sur la plupart des objectifs, c’est l’ouverture qui a la meilleur amplitude (le rapport entre le piqué, la qualité des détails et la profondeur de champs). Très utile pour les paysages.

    Je trouve que ces astuces fonctionnent bien.
    Par contre, je tente, sans succès, depuis peu la photographie de produits et dans ce cas, ce n’est pas suffisant. Mes photos restent floues. Je soupçonne un pb technique sur mon appareil. De plus, dans ce cas, revenir à un objectif à focale fixe me sera très bénéfique je pense.

    A bientôt
    Rémi

    • Patrick

      Reply Reply 9 décembre 2014

      Bonjour,
      Scott Kelby a l’art de monter en mayonnaise des « secrets » connus de tous les photographes sérieux, même amateurs depuis près de 150 ans !
      Pratiquement tous les objectifs même les plus médiocres sont au mieux 2 à 3 crans au dessus de l’ouverture maxi.
      f/8 ou 11 donne une bonne profondeur de champ sans perte de qualité.
      Il faut éviter d’utiliser la fermeture maxi, zoom ou fixe.
      f/22 donne la plus grande profondeur de champ au prix d’une grande perte de qualité si c’est le diaph le plus fermé.
      Certains objectifs montent à f/32 et sont encore acceptables à f/22.
      Certains objectifs pro montent à f/90 et sont très performants jusqu’à f/45 tout en étant au mieux de leur forme de f/16 à f/22 pour une ouverture maxi à f/4,5 ou f/5,6 !

      Pour les objets manquant de netteté, si ce sont des petits objets, vous pouvez les prendre d’assez loin et agrandir vos tirages, solution économique.
      Après, il faut passer au banc optique(chambre photo), le plus efficace ou aux objectifs à bascule et décentrement vous permettant d’augmenter la profondeur de champ.

      • Rémi

        Reply Reply 10 décembre 2014

        Bonjour Patrick,

        En effet, Scott Kelby sait vulgariser des notions connues. C’est un art aussi quelque part :).

        Sinon qu’entendez-vous par banc optique ? Dans mon esprit, cela évoque les rails qui permettent des expériences optiques. Je ne vois/connais pas ses applications en photo.

        Rémi

        • Patrick

          Reply Reply 10 décembre 2014

          Ce qu’on appelle des chambres photographiques, comme Sinar, Arca, Cambo etc… avec bascules et décentrement.

          • Rémi

            10 décembre 2014

            Entendu.
            Nous sommes dans du matériel que je qualifierai de « lourd ». Ou en tout cas de spécifique.

  • David

    Reply Reply 1 décembre 2014

    Très bonnes explications simples et compréhensives pour les photographes amateurs comme moi. Le mois dernier j’ai fait l’achat d’un Nikon D800 24*36 et d’un objectif Sigma 24-70 mm f/2.8 constant. Plus tard je souhaiterai un 70-200 mm f/2,8 constant et bien plus tard un 17-35 mm f/2.8 constant ou l’inverse. Je ne pratique pas la photo animalière, actuellement plutôt la photo de rue, paysage, portrait, architecture. Que pensez vous de ces choix, quels conseils ou autres optiques choisiriez vous en tenant compte que je n’achèterai pas du Nikon trop cher pour moi et je ne suis pas assez bon pour différencier les rendus, je pense rester sur du Sigma, mais j’attends vos avis. Merci encore de partager vos connaissances.

    • Patrick

      Reply Reply 1 décembre 2014

      En retenant des zooms à ouverture constante, et un capteur 24×36, vous faites un bon choix.
      Sauf à faire des tirages en 50x70cm, le 24×36 offre une telle réserve de qualité que l’on peut recadrer allègrement.
      Utilisez tout le potentiel de votre 24-70 avant de chercher plus loin.

      • David

        Reply Reply 1 décembre 2014

        Patrick, je vous remercie d’avoir répondu aussi vite, effectivement je partage votre avis, je dois dois apprendre encore et encore car la maitrise du Nikon D800 n’est pas toujours facile. Bonne soirée à vous.

  • domi

    Reply Reply 1 octobre 2014

    bonjour je voudrais un conseil j’ai un canon 1100D j’ai un objectif tamron 18-200 et je vais changer pour un canon 18-135 est se bien ?

    • Patrick

      Reply Reply 1 octobre 2014

      Quelle raison vous pousse à ce choix ?

      • domi

        Reply Reply 1 octobre 2014

        je recherche la qualiter photos

        • Patrick

          Reply Reply 3 octobre 2014

          Il est vrai que des zoom avec une telle amplitude sont à mon avis plus des produits marketing que des produits photos !
          Lourds, peu lumineux, ils sont rarement bons sur les focales extrêmes.
          Par expérience, je trouve les objectifs de marque souvent plus pratiques à utiliser.
          Un 18/135 est encore bien audacieux, à mes yeux…
          Tout dépend de l’usage que vous en faites.
          Si c’est la qualité qui vous guide, regardez vers des modèles plus raisonnables comme un équivalent 28/105 en 24×36, à ouverture constante de préférence.
          Des focales tournant autour de 18/70 à 18/85, en ce qui vous concerne.
          Personnellement, je reste fidèle aux focales fixes.
          J’ai un zoom équivalent 28/105 pour des effets spéciaux que seuls les zoom permettent.
          Je termine un guide pour vous orienter dans vos choix, je vous en dis plus dans quelques jours.

  • maxan

    Reply Reply 1 octobre 2014

    Pardonnez moi , il me semble avoir relevé une erreur de poids sur votre article concernant le flou bougé .
    Pour celui qui possède un 300 mm il n’est nullement nécessaire d’utiliser le 1/300 ° de seconde pour avoir une image nette . Même sans stab vous pouvez avoir une image très nette ( = au pouvoir séparateur de l’oeil ) en travaillant au 1/125° ou >.

    merci

    • Patrick

      Reply Reply 1 octobre 2014

      La règle du 1/300 n’a rien de scientifique et ne repose que sur une énnnnooooorrrrrrmmmmme approximation.
      On constate qu’à partir de cette valeur, 1/focale, les risques de bougé sont moindre…
      Il y a une légère différence entre un tireur d’élite et un chasseur de lapin occasionnel.
      De même, un photographe expérimenté muni d’un bon matériel saura déclencher au 1/60 avec un 300mm là ou un amateur quelque peu parkinsonien obtiendra une photo floue au 1/1000 !

  • plume

    Reply Reply 12 septembre 2014

    merci pour tous ces précieux conseils mais je ne comprend pas bien ce qu’est le bougé, ni à quoi correspondent les nombres;
    merci
    plume

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