Différents systèmes de visée et mise au point
Les différents systèmes de visée et d’aide à la mise au point permettent de rendre nette, l’image produite par l’objectif, dans le plan image.
Visée et Mise Au Point
Le dépoli de visée d’une chambre photographique se trouve placé dans ce plan image.
En pratique, la mise au point s’effectue en glissant la lentille ou le groupe de lentilles formant l’objectif, d’avant en arrière, suivant l’axe optique.
Dans le cas de la chambre photographique ou banc optique, le contrôle de la netteté se fait directement par observation de l’image formée sur le dépoli.
La netteté réalisée, le dépoli est remplacé par le plan film.
Dans le cas d’un appareil de type reflex, le contrôle peut s’opérer directement sur le verre dépoli, en ôtant le prisme de redressement de l’image, ou plus couramment par observation dans le viseur, dans lequel, l’image formée sur le dépoli est observable.
Pour simplifier les opérations et notamment éviter d’avoir à manipuler le plan film ou plus complexe encore, le capteur numérique, le dépoli n’est pas placé dans le plan image, mais à une distance équivalente, dans un plan perpendiculaire au plan-image.
Un miroir placé sur le trajet des rayons lumineux focalisés par l’objectif, projette l’image vers ce dépoli.
C’est pourquoi, dans le viseur d’un appareil reflex mono-objectif, l’image vue dans le viseur est en tous points identique à l’image se formant dans le plan image, donc sur le film ou le capteur numérique, à la condition essentielle, que le diaphragme soit fermé à sa valeur de travail, d’où l’intérêt du testeur de profondeur de champ.
Visée directe
Trois types de visée sont qualifiés de « Visée Directe » :
- la visée sur dépoli ;
- la visée par collimateur ;
- le viseur de type Galilée.
Le Dépoli
Le dépoli est un verre dont la structure sur une face est dépolie, semblable à une feuille de papier calque rigide.
Plus la structure est fine, plus la visée sera précise.
Sur une chambre grand format, le dépoli est placé à l’endroit exacte où se forme l’image.
Au moment de la prise de vue, on le déplace, l’écarte ou l’enlève pour le remplacer par le plan-film.
Il n’y a plus de visée possible durant cette phase d’exposition..
Pour les systèmes Reflex moyen-format ou 24×36, le dépoli ne se trouve pas dans le plan image, mais à une distance équivalente.
Système ingénieux qui permet une mise au point extrêmement précise tout en gardant la visée jusqu’au moment du déclenchement.
Le collimateur
Très rustique le collimateur reste utile et apprécié pour photographier au sténopé (pinhole camera) et en photo sous-marine.
Le viseur de Galilée
Le viseur de Galilée est universellement employé sur les compacts et plus généralement, sur les appareils non reflex.
Le viseur de type Galilée présente l’avantage d’une visée très claire et d’être économique en fabrication.
L’erreur de parallaxe est son principal inconvénient.
Placé à côté de l’objectif, le viseur de type Galilée, n’embrasse pas le même champ, ne voit pas la même chose que l’objectif.
Avec ce type de viseur, la mise au point est totalement indépendante de la visée.
La MAP (Mise Au Point) s’effectue en tournant le bloc optique, l’objectif.
Monté sur un pas de vis, en tournant, le bloc avance ou recule par rapport au plan-image, plan du film ou du capteur numérique.
Plus on se rapproche du sujet, plus on « dévisse » l’objectif pour l’éloigner du plan-image.
Un mnémotechnique, utile pour celles et ceux qui envisagent de pratiquer la macrophotographie et amusant pour les autres :
« Plus on avance vers le sujet, plus l’objectif sort de l’appareil photo ».
Ceci est moins visible avec les objectifs à mise au point interne, mais le principe reste le même.
Les distances sont indiquées en mètres et/ou en pieds sur l’objectif.
Il suffit d’apprécier la distance à afficher.
Les inévitables erreurs d’appréciations sont compensées par la profondeur de champ.
L’utilisation de l’hyperfocale, très prisée chez les reporter et plus rapide que l’autofocus est basée sur cette technique sommaire.
Le Télémètre à Coïncidence d’Image
Le télémètre à coïncidence d’images est une aide à la mise au point pratique, simple, efficace et précise.
Le télémètre à coïncidence peut être indépendant de l’appareil et plus généralement incorporé à un viseur de type Galilée.
Ce modèle de viseur cumule la simplicité et l’efficacité du réglage à la clarté de la visée.
Un must en reportage dans des endroits peu lumineux (mariage en église), sans compter que les appareils équipés de ce type de viseurs sont en général très discrets au déclenchement. (Leica)
La Visée Réflexe Bi-Objectif
L’appareil photographique est équipé de deux objectifs.
Un objectif de basse qualité mais, très lumineux est dédié à la visée, l’autre objectif de bonne qualité est destiné à la prise de vue.
Soit les deux objectifs sont montés sur une même platine.
Cette platine peut avancer ou reculer en tournant un bouton, pour effectuer la mise au point ( Rolleiflex, Mamiya 220, Mamiya 230, Yashica 124 etc. …)
Plus simple sur des appareils bas de gamme comme Lubitel, l’objectif de visée est couplé à l’objectif de prise de vue par une couronne crantée fixée à chaque objectif.
En dévissant l’objectif de visée, l’objectif de prise de vue tourne en sens inverse. Le pas de visse étant également inversé, l’objectif de prise de vue se déplace dans le même sens.
A part une réplique petit format du mythique Rolleiflex, fabriqué par Minox, la visée reflex bi-objectif n’est utilisée que sur des appareils moyen-format.
La visée reflex mono-objectif
Hormis les appareils à visée reflex bi-objectif et les appareils pour photos en relief, tous les autres équipements photographiques sont mono-objectifs, ils n’ont qu’un seul objectif.
Dans cet immense ensemble d’appareils mono-objectif, les reflex mono-objectif occupent une place à part dans le cœur des amateurs pour qui c’est « THE » appareil photo !
Ce type d’appareil s’est effectivement développé autour du format 24×36.

Beaucoup d’amateurs débutants ne pensent que 24×36 et oublient les adeptes du moyen-format pourtant nombreux et dont les appareils sont en général beaucoup plus agréables à manipuler en raisons des formats mieux équilibrés.
Je pense notamment aux 4,5×6 cm, assez abordables en argentique et 6×7 cm.
Le principal avantage des reflex mono-objectif moyen-format est d’avoir un accès direct au dépoli, ce que peu de boîtiers 24×36 permettent.
24×36 ou moyen-format, le système reflex mono-objectif à objectifs interchangeables, c’est à dire composé d’un boîtier sur lequel se greffent objectifs et accessoires en fait le système photographique le plus polyvalent.
La possibilité de choisir parmi plusieurs modèles de dépolis de visée est un atout de plus, très apprécié pour des prises de vues techniques (photo d’architecture, photo au microscope etc.)
Quelques inconvénients l’empêchent d’être totalement universel :
- Le poids, surtout en moyen-format ;
- Le bruit au déclenchement ;
- Le prix des accessoires, notamment en moyen-format.
Écran de visée
Apparu en tant que système de visée sur les compactes, il se généralise au détriment des vrais viseurs qui tendent à disparaitre.
Avantage inespéré il y a quelques années, tout compact numérique dispose d’une visée réelle à travers l’objectif, puisque l’image affichée est formée par le même capteur numérique qui un instant après, sera utilisé pour réaliser la photo.
Nous avons aujourd’hui, une visée aussi précise qu’avec un reflex, au point de vue cadrage.
La qualité d’affichage dépend de la qualité de l’écran.
Tous sont assez inconfortables en plein soleil.
Il existe des « visières » pour écran comme celui-ci :
Delkin Pop-Up Shade 3″ Universal
Les prix varient de 16 à 45€ environ, selon les modèles.
Ce n’est pas la panacée, mais ça améliore tout de même.
Vous pouvez rendre ces pare-soleil plus efficaces avec un simple petit morceau de velours noir, ou une écharpe que vous posez sur la « visière », pendant de chaque coté.
Visée Life-view
Nouveauté apparue sur les reflex la Life-View permet une visée identique à celle des compacts, sur l’écran de contrôle.
C’est un complément utile surtout avec les reflex équipés d’objectifs stabilisés et quasiment indispensable pour tourner en vidéo.
Et comme on n’arrête pas le progrès, des télécommandes Life-view permettent une visée à distance, l’image étant contrôlée sur un écran intégré à la télécommande !
Autofocus ou mise au point automatique
De nombreux systèmes ont été essayés avec plus ou moins de succès au niveau commercial.
Deux systèmes se sont imposés.
Mise au Point par Sonar
Mise au Point par sonar développée par Polaroïd, comparable à la technique des chauve-souris, utilise les ondes ultrasoniques, permet de faire la mise au point dans l’obscurité totale !
Inconvénient, si le train d’ondes rencontre une surface réfléchissante, de biais, l’écho ne retourne pas vers l’appareil et la mesure est fausse, de jour, comme de nuit !
La Mise au Point par Détection de Phase
La MAP par détection de phase équipe la plupart des reflex numériques et argentiques autofocus.
Un système analyse une image au niveau du miroir et délivre un signal.
Tant que les ondes ne sont pas en phase, un moteur placé dans le boîtier ou mieux dans l’objectif, déplace le groupe optique, jusqu’à la mise en phase.
La MAP autofocus a fait d’immenses progrès depuis son apparition, tant en rapidité qu’en précision.
Dans de nombreux cas (studio) la MAP manuelle reste plus précise et la MAP manuelle en utilisant l’hyperfocale reste plus rapide, plus discrète (bruit) en reportage et en éclairage difficile.








