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Flash intégré, le mal aimé…

Il est de bon ton de critiquer le flash intégré.
Pourtant, bien utilisé, il permet de contrôler simplement les contrastes sur les premiers plans.

Flash intégré Panasonic G2

Flash intégré Panasonic G2

Inconvénients du flash intégré

  • Faible puissance du flash intégré

Le nombre guide d’un flash intégré est toujours faible et en pratique, vous ne pouvez pas espérer éclairer à plus de 3,00 m, très grand maximum.

J’ai relevé le nombre guide de quelques appareils :

  • Panasonic G2 : NG = 11 ;
  • Canon 60D : NG = 13 ;
  • NiKon D 7000 : NG = 12.

Je retiens le Panasonic G2 pour mon exemple parce que son flash intégré a un nombre guide de 11, ce qui correspond exactement à une valeur normalisée de diaphragme.

Il est important de noter que le NG est en général optimiste. En effet, les fabricants mesurent ce nombre guide dans une pièce dont les murs et sol sont très réfléchissants, situation rare en pratique.

Très souvent, il est prudent de corriger les données constructeur d’une valeur, ce que vous trouverez dans la deuxième colonne.

Voici les possibilités de portée de ce flash intégré, pour 100 ISO, selon le diaphragme donné :

Diaphragme de travailPortée théorique en m pour un NG 11
Portée corrigée en m pour NG 8
f/111,00 0,70
f/81,401,00
f/5,62,001,40
f/42,802,00
f/2,84,002,80
f/25,604,00
f/1,48,005,60

Et même si en théorie, votre flash intégré est suffisamment puissant, plus vous vous éloignez de votre sujet et plus votre éclairage sera dur (voir plus bas).

Une focale fixe augmente les possibilités.
Le zoom trans-standard ouvrant à f/5,6 ne fait qu’augmenter les difficultés.

  • Le flash intégré est trop petit

L’éclairage très dur, ombres très noires, est dû à la taille de la fenêtre d’éclairage.
Plus la source de lumière est petite et plus l’éclairage est dur.

Vous en avez l’exemple avec le soleil.

En été à midi, par soleil brillant, impossible d’obtenir un portrait correct, sans utiliser d’artifices (réflecteur, flash d’appoint) :

  • contraste très violent ;
  • ombres très noires et disgracieuses, sous le nez, le mentons, les yeux.

Il suffit qu’un nuage s’interpose, la surface éclairante s’agrandit, les contrastes sont plus doux.

  • Le flash intégré est trop près de l’axe optique

C’est la raison des yeux rouges.
Placé très près de l’objectif, il éclaire le fond de l’œil, la rétine. La rétine très vascularisée est rouge.
Les « yeux rouges », ne sont que la photographie, peu esthétique, de la rétine !

Les ombres créées par le flash intégré se projettent en arrière du sujet, il n’y a pas d’effet de relief dû au jeu d’ombres, ce qui donne un aplatissement des formes et des visages lunaires souvent surexposés.

Les erreurs à éviter avec le flash intégré à l’appareil photo

La première erreur est de vouloir utiliser un flash intégré comme un flash de grande puissance, en éclairage principal.

Flash intégré et Tour-Eiffel

Éclairage du premier plan en débouchage à l’aide du flash intégré devant la Tour-Eiffel

La deuxième erreur est de vouloir appliquer à un flash intégré les techniques de modelage de lumière qui fonctionnent avec un flash puissant.

Je suis mort de rire quand je lis sur certains sites d’utiliser une carte de bristol blanc pour réfléchir la lumière vers le plafond ou mur blanc, plafond ou mur sensé servir de réflecteur secondaire pour éclairer en douceur le sujet !
Preuve à l’appui… avec le flash intégré !
Et on découvre le résultat spectaculaire sur un cow-boy Playmobil ou une poupée Barbie photographiés à 30 cm !
Un peu de sérieux !
Cette technique ne fonctionne qu’avec le réflecteur orienté au plafond (impossible avec un flash intégré), avec un nombre guide d’au moins 24 et un plafond pas trop haut.

Comment bien utiliser le flash intégré ?

Ne tentez jamais d’utiliser le flash intégré en éclairage principal.
Reportez-vous à cette article Mieux photographier au flash pour savoir comment régler la puissance de votre flash par rapport à la lumière ambiante.

Flash intégré et yeux rouges

Pour les yeux rouges, il n’y a pas grand chose à faire d’autre que d’augmenter la lumière ambiante pour que votre sujet ait les pupilles le plus fermé possible… les disques rouges seront plus petits.

Éviter les brillances

  • Pour éviter des brillances trop marquées, on peut placer un mouchoir papier dédoublé sur le flash. Un effet diffuseur adouci les réflexions du flash.
    C’est assez efficace, bien qu’une partie de la puissance du flash se perde.
  • De la même manière, il est possible d’utiliser une petite feuille de calque ; la perte est d’environ 1 diaphragme.
    Le nombre guide passe de 11 à 8.

Astuce pour doser la puissance d’un flash intégré

Si votre compact ne permet pas de doser la puissance du flash intégré, en cachant une partie de la fenêtre avec un doigt, avec un peu d’habitude, on arrive à déboucher les ombres d’un portrait.

Paris - Photographe photographiant la Tour-Eiffel

Photo d’un photographe photographiant la Tour-Eiffel, sans utiliser le flash intégré en éclairage de débouchage.

 Le flash intégré pour équilibrer un contre-jour

  • Pour éviter l’effet silhouette, en contre-jour, à condition que votre sujet soit à moins de 3 mètres (voir le tableau plus haut) le flash intégré est très satisfaisant.
  • Équilibrez l’exposition pour la lumière du jour de manière à ce que votre fond reste légèrement surexposé, de façon à conserver l’aspect contre-jour.
  • Réglez votre correcteur d’exposition du flash sur -1.
  • Résultat garanti.

Flash intégré et sous-bois

Un portrait, par temps ensoleillé, à l’ombre d’un feuillage peut faire apparaitre des ombres disgracieuses.
La encore, le flash intégré fait merveille, toujours réglé sur -1.
L’effet des feuillage sera conservé mais très estompé.

Flash intégré et effets spéciaux

Vous pourrez vous initier et apprendre toutes les techniques avancées comme :

  • la synchro flash et temps de pose long (vitesse lente) ;
  • les effets de couleurs avec des gélatines de couleur et leurs complémentaires ;

Un peu de patience, je vous montre ça très prochainement.

 

Pensez à liker et dire ce que vous en pensez !

5 Comments

  • Roger

    Reply Reply 7 octobre 2012

    Je suis très heureux de t’avoir lu sur ce coup Patrick, en effet le flash en général est  » l’objet » maudit à éviter, pourtant bien travaillé on en sort des merveilles, tu fais partie aussi de cette vieille école, quand les flashs n’étaient nullement munis de la technologie actuelle, un nombre guide et basta… Les mouchoirs, feuilles de papier calque et j’en passe de plus belles, pourtant des merveilles sont sorties des boîtiers de l’époque.

    La peur du flash!!! Ben faut la vaincre et travailler beaucoup, sans oublier qu’un flash ne doit pas être considéré comme une source principale, mais tout simplement celle qui compensera l’existante, là se trouve le gros problème pour les « anti-flash »

    Bien à toi Roger et encore bravo!

  • christophe

    Reply Reply 4 juin 2012

    Merci pour cet article, étant débutant j’ai acquis les notions principales (notamment grâce à votre site) mais l’éclairage au flash reste encore assez difficiles à assimiler.
    Dans un de vos articles précédents j’avais appris à régler mon flash en premier ou deuxième rideau et aujourd’hui je sais régler son intensité.
    j’ai principalement utilisé mon flash pour faire quelques photos macro (avec mon objectif du kit retourné faute de budget) mais la lumière est assez forte et trop franche, j’esayerai donc avec une correction -1 ou -2.

    • Patrick

      Reply Reply 5 juin 2012

      Pensez à ajouter un diffuseur (mouchoir papier dédoublé ou calque).

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