Indice de lumination et gris neutre 18%
Il est bon de savoir à quoi correspond l’indice de lumination , au moins pour pouvoir lire correctement une documentation technique avant l’achat d’un appareil photo.
L’indice de lumination est beaucoup moins familier des amateurs, aujourd’hui que des photographes des années 1960/1970.
Exposition
Nous avons vu dans les articles concernant le diaphragme et l’obturateur comment se fait l’équilibre entre ces deux paramètres pour aboutir à une bonne exposition.
Rappelons pour mémoire, qu’avec un même indice ISO, il est possible d’obtenir la même exposition avec un diaphragme de f/8 et un temps de pose de 1/125 que celle qu’on obtient avec un diaphragme de f/5,6 et un temps de pose de 1/250.
Indice de Lumination
L’indice de lumination, abrégé IL ou EV (exposure value), en anglais, correspond à une quantité de lumière donnée pour un indice ISO donné.
L’indice de lumination indique la quantité juste de lumière devant parvenir à la pellicule pour aboutir à une exposition correcte.
Le même indice de lumination peut correspondre à plusieurs couples vitesse/diaphragme.
Les indices de lumination s’étendent de IL -9 à IL +22.
IL 0 correspond à f/1 et 1 s
Mesure de la lumière
Lorsque l’on fait une mesure de lumière avec son appareil photo, il s’agit toujours d’une mesure en lumière réfléchie.
En effet, la lumière qui atteint la cellule photoélectrique de l’appareil photo provient de la source de lumière qui éclaire la scène, renvoyée, réfléchie par le sujet, vers l’appareil photo/l’observateur ou photographe.
Problèmes d’Albédo
L’albédo indique le pouvoir de réflexion d’une matière.
Un morceau de velours noir nous paraît sombre parce qu’il réfléchit peu de lumière (5 à 10 % environ).
Une feuille blanche nous paraît claire parce qu’elle réfléchit beaucoup de lumière (80 % environ).
(Volontairement, dans cet exemple, pour simplifier l’explication, je ne parle pas de couleur : je reste dans la comparaison clair/foncé.)
Imaginons que nous sommes en train de photographier ces deux sujets séparément, sous un beau soleil, sans nuage.
Convenons que d’une prise de vue à l’autre, la lumière sera absolument identique en intensité.
La cellule, au moment de la mesure, ne sait pas à quel sujet elle a à faire.
Sur un sujet en velours noir, elle réagit comme s’il s’agissait d’un sujet normal ayant un pouvoir de réflexion de 18 % qui serait mal éclairé !
Pour compenser ce qu’elle croit être un manque de lumière, la cellule va nous proposer un temps de pose plus long ou un diaphragme plus ouvert pour laisser entrer plus de lumière.
Résultat, notre morceau de velours ne sera pas noir, la pellicule ou le capteur numérique va recevoir trop de lumière et notre tissu de velours apparaîtra gris.
De la même manière, la feuille blanche sera considérée par la cellule comme un sujet normal au pouvoir de réflexion de 18 %, qui serait inondé de lumière !
Notre cellule dans ce cas, nous propose de laisser entrer dans l’appareil photo quatre fois moins de lumière (80 % / 18 % = 4x environ).
Le couple vitesse/diaphragme proposé sera erroné de deux valeurs.
Ou le diaphragme sera trop fermé de deux crans ou le temps de pose sera trop court de deux valeurs.
Si votre appareil photo est sur le mode programme, il se peut que le diaphragme soit trop fermé d’une valeur et le temps de pose trop court d’un cran.
Rappelez-vous qu’une valeur de diaphragme correspond à deux fois plus ou deux fois moins de lumière.
Deux valeurs de diaphragme laissent donc entrer quatre fois moins de lumière.
La feuille blanche ne sera pas d’un blanc immaculé, mais d’un gris sale.
Elle sera sous-exposée de deux valeurs, elle aura reçu le quart de la lumière qu’il aurait été nécessaire pour obtenir une bonne exposition.
Difficile de croire que cette pièce de monnaie est posée sur une feuille de bristol blanc !
Faites vous-même l’expérience avec votre propre appareil photo, disposez une pièce de monnaie ou un objet quelconque comme étalon, sur un velours noir, comme sur ces photos, puis sur un Canson ou bristol blanc.
Dans les deux cas photographiez en laissant faire l’automatisme et notez bien les réglages, vous serez surpris(e).
Sauf si vous disposez d’un système multizones très élaboré, il y a de grandes chances que votre pièce de monnaie n’ait pas la même densité sur les deux photographies, bien que la lumière des deux prises de vue ait été la même !
Remède Simple
Lorsque vous photographiez un sujet anormalement clair, sur-exposez d’une valeur et demi à deux valeurs.
En photographiant un sujet anormalement noir/sombre, sous-exposez d’une valeur (vous pouvez afficher-1 sur le correcteur d’exposition).
Expo normale, le velours n’apparait pas bien noir.
C’est notamment le cas lorsque vous voulez photographier du texte sur une page blanche.
Affichez +1,5 pour avoir une page bien blanche et des caractères bien noirs.
Dans de tels cas, il est possible de faire une mesure incidente, c’est-à-dire de mesurer la lumière de la source, qui parvient au sujet, en utilisant un posemètre à main, que l’on place le plus près possible du sujet à photographier, en dirigeant la cellule vers la source de lumière.
Un posemètre coûte cher, en général, le prix d’un bel appareil photo !
Charte Gris Neutre 18%
Comme nous l’avons vu plus haut, un sujet moyen réfléchit 18 % de lumière.
Les cellules photoélectriques sont étalonnées pour donner une mesure précise pour un sujet moyen réfléchissant 18 % de lumière.
Un carton gris, réfléchissant exactement 18 % de la lumière qu’il reçoit, sert d’“étalon” pour adopter le bon couple vitesse/diaphragme quelle que soit la nature du sujet photographié, sa couleur, son pouvoir de réflexion.
C’est simple et peu coûteux.
Kodak fabrique de telles chartes (on devrait dire “carte grise”, plutôt que charte… mais ça rappelle autre chose !)
Dans une pochette délicieusement kitch, vous trouvez deux cartons 21×29,7 et un plus petit qui se glisse facilement dans le fourre-tout, gris d’un côté et blanc de l’autre.
Le côté blanc qui réfléchit 80%, est très utile en basse lumière, quand il fait trop sombre pour avoir une mesure fiable sur le côté gris.
On fait la mesure côté blanc et on referme de deux valeurs ou on affiche -2 sur le correcteur d’exposition.
Malheureusement les produits Kodak se font rares mais il y des alternatives, comme cette charte gris neutre 18%.
Ce n’est pas donné, mais beaucoup moins couteux qu’un posemètre.
Comment Utiliser une Charte Gris Neutre ?
Cette carte grise à 18% est une aide pour la mesure de la lumière, pas un appareil pour mesurer la lumière.
Placez la charte gris neutre près du sujet et orientez-là vers l’appareil photo.
Formez un angle de 45° avec l’axe de prise de vue et la source de lumière.
Charte Gris Neutre 18% Gratuite
Vous pouvez très bien vous imprimer une charte gris neutre vous-même, avec une simple imprimante, sur un bristol, sans avoir à vous casser la tête pour obtenir un gris a 18 % presque gratuite !
Il suffit d’imprimer une alternance de carrés noirs et blancs d’un demi-centimètre sur un demi-centimètre, ou plus petit c’est encore mieux, mais pas en dessous d’1/4 de centimètre, après le « bavement » de l’encre fausse le résultat !
A faire avec n’importe quel traitement d’images pour disposer de quelque chose de fiable !
Les puristes trouveront à redire, mais ça marche, c’est économique et c’est bien ça le plus important !
Votre Main en Guise de Charte à 18%
Encore plus simple, nous disposons tous, (ou presque tous les photographe !) de notre charte gris-neutre incorporée : la paume de notre main !
Bien sûr, selon la teinte de notre peau, il y aura quelques nuances… mais il suffit d’étalonner !
Vous faites une mesure alternativement sur votre paume et sur une charte de gris-neutre.
L’écart de mesure sera toujours le même.
Par exemple la mesure donne :
- 1/125 à f/8 sur la charte ;
- 1/100 à f/8 sur la paume.
En utilisant votre paume, vos photos seront toujours trop claires d’1/3 de valeur.
Il suffit, après la prise de mesure de fermer systématiquement votre obturateur ou votre diaph d’1/3 de valeur et le tour est joué !
Le plus efficace étant de régler le correcteur d’expo à -1/3 en permanence…
Seulement quand vous faites la mesure sur votre paume en guise de charte gris neutre , sinon, vous laissez sur zéro ! ( Ça ne marche… avec des mains propres !)
Si vous n’avez pas de charte gris neutre Kodak, prenez plusieurs photos en décalant d’un 1/3 de valeur en + et en – à partir de la mesure faite sur votre paume.
La photo bien exposée vous indiquera la correction nécessaire.
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Bonjour, je suis en train de me renseigner (et donc d’apprendre) sur le gris 18%, et sur le pourquoi du comment. Vos explications m’ont conforté dans ce que je pense, avec cependant encore quelques zones d’ombres : le capteur d’un appareil numérique voit-il l’image seulement en gris 18% ? Avec un éclairage différent dans les différentes zones de l’image (par exemple un haut de l’image très éclairé _le ciel_ , et un bas de l’image plus sombre _une forêt par exemple_ ) , d’où la nécessité de faire une moyenne d’éclairage … mais d’un gris 18% ? D’où nos problème d’exposition puisque ce que l’on met dans le cadre, non seulement ne correspond pas à un gris à 18%, mais en plus peut comprendre des éléments de reflectance différente ?