La Kina, puis dans quelques semaines, le salon photo de Paris, gare au chant des sirènes.
Les fabricants de matériel ont pour principal soucis de vendre, je ne vous apprends rien.

Me revient à l’esprit cette scène que j’ai vécue, dans une grande surface parisienne, à l’époque totalement dédiée à la photo, la hifi et les livres… vous voyez de quoi je parle.

 

Comment-apprendre-la-photo-gp14mmPanasonic

Optiques à focale fixe de 14 mm et 20 mm – Illustration réalisée avec un bridge Fujifilm S2980 – Lumière du jour.

 

Un homme de bonne situation sociale, la cinquantaine, qui demande avec cet air de suffisance que savent arborer certains amateurs, investis de l’aura du photographe, du fait de la possession du dernier reflex à la mode :
« J’ai un Nikon F machin et je suis très déçu de mes portraits… »

Le vendeur, sans lui poser aucune question sur les difficultés qu’il rencontrait, lui monte un télé sur un boîtier et lui colle dans les mains : « Prenez çà ! »
L’homme se met l’œil au viseur … Sans attendre, le vendeur : « C’est ce qu’utilisent tous les portraitistes ! »
Et notre chaland est passé à la caisse !

Peut-être aurait-il mieux fait d’apprendre à se servir de son matériel.

N’avez-vous pas un peu cette sensation de vivre cette scénette, en lisant, blog après blog, les conseils prodigués pour bien vous équiper ?

80% des besoins d’un photographe sont couverts avec seulement deux objectifs ou deux focales.

Et même, je connais nombre de photographes professionnels, qui aujourd’hui encore vivent de la photo et produisent leurs images avec deux seuls et uniques focales fixes, au studio, à la chambre grand format, comme en reportage !
Pour eux, c’est 100% de leurs besoins couverts avec deux objectifs.

Hormis certains besoins particuliers comme la photo animalière, certains sports et autre spécialités bien spécifiques, un équivalent 24×36 de 28 mm et un équivalent 100 mm suffisent.
Choisissez des focales fixes ouvrant à f/2,8, c’est suffisant et pas trop couteux.

Pour une chambre grand format en 4×5″ (10×12,5) ce seront un 90mm et un 210 mm.

Le 28 mm

Le 28 mm couvre un angle de champ de 75°.
Relativement simple à fabriquer, il reste abordable et fournit des photos sans déformation.
Certains photographes lui préfèrent le 35 mm couvrant 62/63°.
Ce sont des grands-angulaires avec lesquels vous photographiez les intérieurs, les groupes et les paysages.

Le 100 mm

Avec un angle de champ de 24°, ce petit télé-objectif est idéal pour le portrait et dans cette utilisation, les modèles ouvrant à f/2 sont parfaits.
Il permet d’être à bonne distance de son sujet, ni trop près, ni trop loin.

Cette focale de 100 mm est également très agréable pour des photos de détails, isoler une partie de paysage etc.

Les pancakes

Soyons moderne !
Très en vogue aujourd’hui, on en parle beaucoup.
Lancés il y a déjà bien longtemps par Pentax, ces objectifs très compacts sont conçus selon une formule optique simple nécessitant peu de lentilles.
Compacts, légers, pas très chers, ils sont néanmoins très efficaces et performants.

L’incontournable 50 mm

Si vous vous équipez en petit format 4/3, format idéal car proche du nombre d’or, le coefficient multiplicateur étant de 2x, pour un coût ridiculement bas, votre 50 mm devient un 100 mm ouvrant à f/1,8, au prix d’une bague d’adaptation pour les hybrides.
Pas la peine d’investir dans un coûteux 50mm macro, sauf besoins très spécifiques.

Les variantes

Certains photographes, préfèrent le 85 mm au 100 mm d’autres préfèrent le 35 mm au 28 mm.
Un bon équilibre dans ce cas serait 28 mm + 85 mm ou 35 mm + 100 mm.
En ce qui me concerne, j’ai toujours couvert les mariages avec 28 mm + 100 mm.

Voila comment vous pourrez couvrir 80% de vos besoins avec deux seuls et uniques mais bons objectifs.
Ce choix vous permet d’être équipé nettement plus léger et c’est beaucoup moins cher qu’un zoom aussi lumineux.

Astuce de pro

Un photographe de mariage n’a besoin que de ces deux optiques, de même, un reporter.
Pour plus d ‘efficacité, s’ils n’utilisent que deux objectifs, ils les montent chacun sur un boîtier !
Pas besoin de démonter l’objectif, et en cas de panne, ils ont une roue de secours.

La sangle de chaque appareil est réglée de façon qu’au repos, les deux boîtiers se trouvent l’un au dessus de l’autre et ne s’entrechoquent pas.

Les reflex modernes de qualité étant d’un poids invraisemblable, beaucoup de photographes abandonnent momentanément cette façon de faire et se tournent vers l’option zoom.
L’arrivée d’hybrides de qualité redonne tout son intérêt à cette façon de travailler.

Et pour les 20% restants

A l’utilisation, vous sentirez bien quelles focales vous manquent, en photo animalière ou de sport, une longue focale sera la bienvenue.

Si votre passion est l’architecture, un très grand angle est à envisager.

Mais SEULEMENT après avoir « usé » toutes les possibilités de vos deux focales de base.

Une focale fixe vous oblige à bouger, vous déplacer, chercher de nouveau points de vue.
C’est beaucoup plus formateur que le zoom.

Mon conseil

Si vous êtes équipé d’un zoom, au moins une fois par semaine, bloquez le sur une focale et faites, en une heure, l’équivalent d’une pellicule, soit 36 photos originales avec cette unique focale.
Vous allez vous découvrir des dons insoupçonnés !

Que pensez-vous de cette approche ?
Quelle est votre focale préférez ?
En laissant un commentaire, vous aidez de votre expérience les plus novices des visiteurs de ce blog, merci d’avance pour eux.