Labo N&B Photo argentique

08 – Les bonnes bases du labo noir et blanc

Négatif et son tirage positif noir et blanc
Ecrit par Patrick LOUICHE

Les bonnes bases du labo noir et blanc sont nécessaires pour prendre plaisir et persévérer dans la photo argentique.

Pour prendre de bonnes habitudes au labo noir et blanc, vous devez travailler comme une machine, avec la régularité et la répétitivité d’un ordinateur.
Pas très poétique mais efficace !

Se préparer à l’efficacité dans son labo noir et blanc

Dans cet article, je vous révèle quelles réflexions personnelles à propos du tirage noir et blanc.
Suivez scrupuleusement ces recommandations, vous n’aurez aucun problème pour aborder le développement et le tirage noir et blanc, et même la couleur, pourtant et fort injustement réputée difficile et couteuse en matériel.

Un tel article semble probablement anachronique avec l’avènement de la photo numérique.
Je reste cependant convaincu qu’un tirage traditionnel, principalement en noir et blanc, est plus durable et surtout plus satisfaisant au niveau de la démarche photographique, qu’un tirage imprimé sur une machine impersonnelle.
Voir l’image monter dans le révélateur reste un plaisir majeur de la création photographique.

Dans un prochain article, je vous montrerai, vidéo à l’appui, comment mener à bien un développement standard, de qualité.

Si vous lisez ces lignes, je suppose que vous êtes débutant dans cette pratique du laboratoire noir et blanc.
Je veux absolument vous mettre en garde sur les errements courants des novices, influencés par des « maîtres à penser », plus soucieux d’impressionner leur entourage que d’efficacité.

Les bonnes bases du labo noir et blanc : standardiser !

Il est essentiel pour arriver à une bonne pratique de commencer par standardiser son travail, de reproduire chaque étape de manière absolument identique, d’une séance à l’autre.

C’est la seule manière de pouvoir agir à tout moment sur un paramètre déterminé, en vue d’obtenir un résultat différent du résultat standard.
Si vous n’avez pas cette méthode standardisée, il vous sera tout simplement impossible de progresser !

Les bons produits

Cette méthode standardisée commence par acheter des produits standards, adaptées à la pellicule utilisée.

Vous effectuerez donc votre premier développement en respectant scrupuleusement température, agitation, temps de traitement.
Une fois les premiers résultats obtenus et satisfaisants, vous pouvez commencer à modifier ce standard selon vos goûts et désirs.

Personnalisation du traitement

Ainsi, si vous voulez obtenir des négatifs un peu moins contrastés pour compenser des prises de vue sous un soleil violent, des scènes de vacances en plein soleil, à la plage, vous pouvez diminuer le temps de développement de 15 %.

Au contraire, vous venez de réaliser des prises de vue avec un sujet peu contrasté et une lumière plate, par exemple un paysage enneigé sous un ciel nuageux, vous pouvez augmenter le temps de développement de 15 %.
Vous augmenterez le contraste de votre négatif.

En restant dans cette limite de plus ou moins 15 %, vous ne constaterez aucune conséquence sur la qualité finale de l’image. Voilà comment personnaliser votre traitement argentique au niveau du rendu général, portant sur le contraste.

Cette modification doit bien entendu être apportée avec un contrôle rigoureux des autres paramètres, température et agitation.

En travaillant de cette manière très méthodique, vous constaterez qu’avec un matériel simple (cuve de développement, thermomètre) et des produits chimiques de qualité, vous obtiendrez immédiatement des résultats proches de ceux des tireurs professionnels.

Excusez-moi d’insister lourdement sur cette méthodologie de base.

J’ai vu tellement d’amateurs dégoûtés du laboratoire noir et blanc, comme du laboratoire couleur, uniquement à cause de mauvaises pratiques.
Il est tellement simple d’acquérir les bons gestes au départ et tellement difficile de rectifier plus tard de mauvaises habitudes…
Je préfère vous agacer un peu avec ces quelques lignes, et que nous n’ayons plus jamais à aborder ce sujet.

Pas de bonnes bases du labo noir et blanc sans méthode !

Je vous citerai pour exemple une journaliste qui est venue me voir.

Depuis plusieurs années elle tenait absolument à développer elle-même ses photos en noir et blanc.
Elle a pris contact avec moi, excédée d’avoir encore passé une nuit à tenter de tirer trois photographies identiques.

Ces trois photos nécessitant un masquage pour équilibrer les densités, elle était désespérée de ne pouvoir y arriver.
Avant de lui expliquer quoi que ce soit, je lui ai demandé d’effectuer devant moi, un tirage, tel qu’elle faisait habituellement.

Elle ne suivait absolument aucune méthode !

Elle avait appris quelques années auparavant dans un photo club… elle ne contrôlait aucun paramètre.

Si la photo semblait noircir trop vite, elle la sortait prématurément du révélateur.

Au contraire, une photo qui tardait à prendre ses densités voyait le temps de traitement dans le révélateur prolongé, pour aboutir à une photo grisâtre aux blancs sales.

Bonnes pratiques du labo noir et blanc

Comme en prise de vue, les densités sur le papier de tirage, dépendent de l’exposition sous l’agrandisseur, c’est-à-dire un diaphragme et un temps de pose bien adaptés.

Le révélateur ne servant, qu’à révéler, comme son nom l’indique, la photographie produite par l’exposition juste.

En l’obligeant à appliquer une méthode stricte, elle a eu la surprise de voir qu’elle était capable, seulement une demi-heure après, de réaliser ses tirages, comme elle les souhaitait et de manière reproductible.

Ensuite, après examen de ses négatifs, il s’est avéré qu’elle n’avait pas plus de méthode pour mener à bien ses développements de films.

En un après-midi, elle est devenue une bonne tireuse.
Ses difficiles expériences lui ayant malgré tout fourni un certain apprentissage pour pouvoir acquérir rapidement une bonne pratique.

Mais que de temps perdu et de stress inutile !

Partez donc sur de bonnes bases, vous deviendrez vite une amoureuse ou un amoureux du laboratoire noir et blanc !

Les autres séquences :

09 – Qu’est-ce qu’un bon négatif

08 – Les bonnes bases du labo noir et blanc

07 – Courbe caractéristique du film

06 – Contraste du négatif

05 – Acutance et pouvoir séparateur

04 – Le grain photographique

03 – Le film noir et blanc

02 – Principe d’action de la lumière sur la pellicule noir et blanc

01 – Introduction au laboratoire noir et blanc

Auteur de l'article

Patrick LOUICHE

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