Diaphragme, comment bien l’utiliser

La gestion de la profondeur de champ ne doit pas être la seule préoccupation dans le choix du diaphragme utilisé.

Diaphragme et pleine ouverture

Vous photographiez un portrait, vous souhaitez n’avoir que les yeux bien nets, en utilisant un téléobjectif.
Dans ce cas, si vous ne faites pas un très gros plan sur les yeux, vous pouvez décider d’utiliser le diaphragme le plus ouvert (f/2 ou même f/1,4).

L’ensemble de votre photo étant baignée dans un flou plus ou moins prononcé, la qualité optique n’est pas essentielle.

Dans ce deuxième exemple, vous souhaitez obtenir une bonne qualité optique, pour bien  enregistrer la texture de la peau, les détails des cils, des sourcils.

Dans ce second cas, vous devrez éviter la pleine ouverture.

En effet, à pleine ouverture  une partie de l’image construite par l’objectif, se fait en utilisant les bords extrêmes de la lentille, même si le cadrage s’inscrit dans le cercle d’image utile .

Le fait de fermer le diaphragme au minimum, d’une valeur ( mais il est conseillé de fermer deux de valeur), permet d’éliminer les rayons lumineux passant par la périphérie de l’objectif.

Le rendu optique de votre objectif s’en trouve considérablement augmenté.

Quel que soit le type d’objectif utilisé, zoom comme focale fixe, on ne devrait jamais utiliser l’ouverture maximum.

Avec les zooms peu lumineux (f/3,5-5,6) dans des conditions d’éclairage faible, c’est bien sûr un handicap majeur.

Pour garder un temps de pose compatible avec des prises de vue de sujets en mouvement ou même tout simplement, à main levée avec une focale importante (le problème se pose à partir de 100 mm) il n’y a d’autre solution, en dehors de la possibilité d’utiliser un flash, que d’augmenter la sensibilité ISO, et voir en même temps augmenter le bruit numérique.

C’est pourquoi, tout équipement d’un photographe devrait comporter au moins une focale fixe très lumineuse.

Pour les utilisateurs d’appareils équipés d’un capteur APS, la focale de 50 mm est vraiment l’objectif qui doit figurer dans tous les fourre-tout.

Inutile de vous ruiner et d’acheter un 50 mm ouvrant à 1,4, les modèles ouvrant à 1,8 sont parfaits et ne coûtent que 150 € environ.

Le diaphragme optimum ou meilleur rendu optique

Lorsque l’on conduit, et c’est encore plus sensible avec une voiture de petite cylindrée, sur autoroute, par exemple, en quatrième ou cinquième, on sent qu’en dessous d’une certaine vitesse, la voiture peine, ne donne pas toute sa puissance.

Et puis, en continuant à accélérer, il arrive un moment où on a l’impression que la voiture roule toute seule. Elle est très agréable, peu bruyante, sans vibrations.

Si l’on continue à accélérer, elle se met à vibrer et on a vraiment l’impression de forcer le moteur.

D’une certaine manière, il en est de même avec les objectifs.

En dessous d’une certaine valeur de diaphragme, on n’obtient pas le maximum que peuvent offrir les lentilles.

Ensuite, sur deux ou trois valeurs de diaphragme, on bénéficie vraiment de la qualité maximum que peut offrir l’objectif considéré.

Diaphragme et diffraction

En continuant à fermer le diaphragme, on peut constater une perte régulière de qualité et puis sur certains objectifs un réel effondrement sur les dernières valeurs (f/22, f/32).

Ceci est du à un phénomène assez simple à comprendre.
Quel que soit le diaphragme utilisé, les rayons lumineux qui « frottent » sur le bord des lames du diaphragme, se  trouvent déviés de façon anarchique.

Mise en évidense de la diffraction

La surface du cercle du diaphragme étant importante, sur les grandes ouvertures, le pourcentage de ces rayons lumineux est très faible.

Par contre, chaque fois que l’on ferme d’un cran le diaphragme, la surface du cercle diminue de moitié et le nombre de rayons lumineux frottant contre les lames du diaphragme est proportionnellement plus élevé par rapport à ceux qui docilement suivent leur chemin pour former l’image.

Dans les cas extrêmes, sur des ouvertures très faible (f/32) il se produit un phénomène comparable à celui que l’on obtient avec un tuyau d’arrosage équipé d’une lance réglable.

Au début de l’arrosage, vous arrosez avec une espèce de petite pluie fine. En tournant la lance, petit à petit, vous concentrez le jet qui, progressivement va devenir de plus en plus puissant.

Et brutalement, il perd toute puissance et se met à crachoter dans toutes les directions !

C’est un peu ce qui se passe avec un diaphragme trop fermé.

Il faut donc raison garder !

Si vous voulez vraiment tirer le maximum que peut vous offrir votre objectif, vous réservez l’ouverture maximum à la visée et au cadrage, mais, sauf exceptions, (mais maintenant, vous savez ce que vous faites) vous n’utilisez jamais la pleine ouverture pour réaliser des prises de vue.

Raisonnablement, vous ne devriez jamais utiliser les deux premiers crans de diaphragme.
Faites comme s’ils n’existaient pas !

De même, quel que soit votre désir d’enregistrer une profondeur de champ très étendue, prenez l’habitude de faire comme si votre diaphragme ne pouvait pas se fermer à la valeur la plus petite (le plus grand nombre-si ces notions d’ouverture maximum et minimum ne vous sont pas encore très naturelles, reportez-vous à cet article sur le diaphragme et les nombres d’ouverture)

Enfin, chaque fois que vous désirez avoir le plus haut rendement optique, dans le cas d’une reproduction de documents par exemple, sachez que les meilleurs diaphragmes se trouvent au deuxième et troisième cran de pratiquement tous les objectifs.

Pour un objectif de 50 mm, ouvrant à 1,8, la première valeur conventionnelle étant à 2, il y a de grandes chances pour qu’il donne son maximum sur les diaphragmes f/4, f/5,6 et f/8.

Comment tester un objectif ?

C’est assez simple, vous devez

  • vous munir d’un pied photo solide.
    C’est impératif. Reportez vous à l’article sur les pieds photo.
  • Ou poser votre appareil sur un support bien stable.
  • Désactiver le stabilisateur d’image.
    Impératif également.
  • Collez au mur une carte routière bien détaillée ou une double page d’un journal quotidien imprimé en noir et blanc, ne comportant que du texte sur papier mat (Times, Le Monde, Le Figaro etc.)
  • Placer votre appareil photo à environ 1 m à 1 m 50, selon sa focale, pour cadrer pleinement la page du journal.
  • Votre page doit être parfaitement bien éclairée soit, avec deux éclairages placés à 45° de part et d’autre, comme pour faire une reproduction, soit par la lumière naturelle du jour, en plaçant un réflecteur du côté opposé à la lumière pour avoir une bonne répartition de l’éclairage sur la feuille de journal.
  • Vous pouvez opérer en mode automatique, priorité diaphragme.
  • Pour photographier le journal, pensez à utiliser votre correcteur d’exposition en le réglant à plus 1,5.
    Si vous ne savez pas pourquoi, lisez cet article sur la correction d’exposition et vous aurez tout compris !
  • Vous n’avez plus qu’à photographier en utilisant tous les diaphragmes disponibles.

Je vous conseille, pour chaque photo d’indiquer le diaphragme utilisé avec un post-it que vous collerez sur la page de journal ou la carte routière.

  • En  argentique ça vous évitera des erreurs d’interprétation.
  • En numérique, ça vous évitera de devoir aller consulter les données Exif.

Vous voilà armé(e) pour tirer le maximum de vos objectifs.

Faites-nous part de vos expériences en laissant un commentaire ci-dessous.

 

Pensez à liker et dire ce que vous en pensez !

17 Comments

  • Azzo

    Reply Reply 23 février 2015

    bonjour
    debutant en photo -tout en manuel- j apprecie la teneur de tes articles explicites
    simples et techniques.
    c est le seul site (et je surfe pas mal en ce moment )qui me permet d apprendre et de progresser dans ce domaine passionnant qu est la photo

    mon but: reussir mes photos en manuel ‘ pour le post traitement on verra plus tard

    bien cordialement

  • Dominique

    Reply Reply 12 mars 2012

    Bonjour Patrick,
    Vous dites que pour les utilisateurs d’appareils équipés d’un capteur APS, la focale de 50 mm est la focale indispensable qui devrait équper le foure tout de tout photographe.
    Qu’en est il de ceux qui sont équipés d’un full frame?

    • Patrick

      Reply Reply 13 mars 2012

      Au niveau qualité optique, c’est équivalent. L’intérêt est moindre avec un full frame, par le fait que la focale normale est assez désagréable à utiliser, quelque soit le format, dans le sens où on est soit trop près pour faire un portrait, soit pas assez grand angle pour des photos d’intérieur et paysage. D’où la désaffection pour le 50 mm au profit des 35 mm et 85 mm en 24×36 mm. Au contraire avec un APS, on dispose d’un petit télé objectif très lumineux et de plus on utilise le centre du cercle image.

  • Edith

    Reply Reply 6 mars 2012

    Merci pour cet article.
    Je prends toujours beaucoup de plaisir à lire tes articles qui m’aident à progresser.

  • Dominique

    Reply Reply 1 mars 2012

    Merci pour cet article trés interessant.
    J’ai fait l’essai avec une carte routiere et deux objectifs : un 18-55 mm 1:3.5-5.6 IS canon et un 100mm 1: 2.8 série L canon.
    Boitier canon EOS 450D
    En exterieur avec beaucoup de soleil en en auto AV.
    Avec le premier sur 3 focales 18 ,35 et 55mm
    A 18mm le meilleur rendu est à f4 , a 35mm c’est à f 6.3. et à 55mm c’est à f 7.1.
    Avec le 100mm le meilleur rendu est à f6.3.Cela ne correspond pas tout a fait à ce que cela devrait être avec ce 100mm.Est ce le fait que cet objectif est normalement conçu pour être utilisé avec un boitier équipé d’un capteur 24/36 et non pas un APS comme sur mon boitier?

    • Patrick

      Reply Reply 2 mars 2012

      Non, cela provient de votre objectif.
      Même si les tolérance de fabrications sont très serrées aujourd’hui, il est bon, comme vous avez pu le constater de tester son équipement.

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