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La photographie, grande aventure du XIX

La photographie moderne est née au XIXe siècle.
Le XXe voit sa consécration.
La photographie envahit très rapidement tous les secteurs d’activité.
La photographie numérique n’est qu’une amélioration de cette invention merveilleuse offerte au monde par la France en 1839.
Cet article fait un bref résumé de cette exaltante aventure.
 
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Aristote et la photographie

Le principe de la formation d’une image d’un objet sur un plan est connu depuis l’Antiquité.
Il faut attendre la fin du XIXe siècle pour que les progrès de connaissance sur les produits réagissant à la lumière permettent d’en faire une synthèse.
Ce que fait Nicéphore Niepce en inventant la photographie.

La chambre noire

Aristote, philosophe grec ayant vécu à Athènes entre 384 et 322 avant Jésus-Christ avait décrit la possibilité de reproduire l’image d’un objet en projetant sur une surface, les rayons lumineux réfléchis par cet objet au travers d’une cloison munie d’un petit trou.
Léonard de Vinci (1452-1519) décrit la “chambre noire” :

un trou pratiqué dans les parois d’une pièce obscure permet le passage de la lumière extérieure vers cette pièce.
Les objets placés devant ce trou, éclairés par le soleil, se projettent sur la paroi opposée.
Vers la fin du XVIIe siècle un système portatif reposant sur ce principe permet aux dessinateurs de dessiner des paysages, des monuments.
Il s’agit d’une boîte en bois dont le « trou » est remplacé par un verre grossissant.
La surface où se projette l’image des objets est remplacée par un verre, sur lequel on peut placer un papier semi-transparent, un peu comme un papier calque.
Il s’agit là du principe de l’appareil photo, il suffit de remplacer le papier semi-transparent par une surface sensible à la lumière, comme les sels d’argent.

Les grandes étapes

Noircissement des sels d’argent

1727, l’Allemand J.H. Schulze met en évidence la capacité des sels d’argent à noircir sous l’action de la lumière.
De nombreux produits sont capables de réagir et de changer d’aspect sous l’action de la lumière.
Le plus connu de tous est notre propre peau !
Les marques de bronzage montrent qu’il est possible de reproduire une image sous l’action de la lumière !

Nicéphore Niepce

Nicéphore Niepce (1765-1833) est le premier à avoir réussi à enregistrer de manière durable une image avec un tel procédé.
Cette image est enregistrée sur une plaque de cuivre enduite de bitume de Judée.
Mal fixée, elle est conservée dans le noir et exposée à la lumière le moins souvent possible.

Daguerréotypie

Jacques Mandé Daguerre (1787 – 1851) s’associe à Niepce pour perfectionner le procédé mis au point par Niepce.
Le Daguerréotype est le premier système photographique permettant d’enregistrer une image de façon permanente.
Le procédé consiste à rendre sensible une plaque de cuivre argentée qui est, après exposition à la lumière dans la chambre noire, exposée à des vapeurs de mercure pour révéler l’image latente.
Ce procédé est appelé daguerréotypie.
L’inconvénient du daguerréotype est d’être unique, d’un format limité à la taille de l’appareil de prise de vue, sans possibilité d’agrandissement.
La faible luminosité des objectifs utilisés contraint à des petits formats.
L’image obtenue est unique, non reproductible et inversée.

Don de la photographie au monde

Arago (1786 – 1853), savant et homme politique. présente cette découverte à l’Académie des sciences en 1839.
Le procédé est acquis par le gouvernement français qui en fait don au monde entier.
Malgré ses défauts majeurs, le daguerréotype connaît un succès foudroyant et se répand dans le monde, notamment chez les personnes souhaitant se faire tirer le portrait pour un coût moindre qu’un portrait exécuté par un peintre.

De l’héliographie à la photographie

Le procédé mis au point par Nicéphore Niepce sera dénommé dans un premier temps héliographie, pour enfin être appelé photographie en 1839.

Les grandes évolutions photographiques

Négatif / positif

Avec la mise au point du procédé négatif/positif permettant, à partir d’un négatif unique, d’obtenir un nombre illimité de copies, en 1841, William Talbot (1800-1877) engage la photographie sur le chemin de la photographie moderne

Des œufs pour photographier

De nombreux peintres et bricoleurs de génie plus ou moins chimistes s’emparent de la photographie et à peu près tous les produits connus de l’époque, capables de réagir à la lumière sont essayés avec plus ou moins de bonheur !
C’est ainsi que l’albumine des œufs de poule est adoptée pour quelques années.
En fin de compte, le procédé gélatinobromure d’argent finira par s’imposer bien que des procédés comme le procédé au collodion humide perdurera jusque dans les années 60 (1960 !), en photogravure.

La photographie couleur

Louis Arthur Ducos du Hauron, avec Charles Cros invente la photographie couleur en 1869.
Il établit les règles de la trichromie (procédé de photographie et d’impression polychrome), pour la photographie en couleurs. Procédé sur lequel repose toute la photographie moderne y compris numérique.
Il invente au passage les anaglyphes, images qui restituent l’impression de relief en les regardant avec des lunettes vert/rouge (un verre vert et un verre rouge).

La photographie couleur industrielle

Les frères Auguste et Louis Lumière déposent le 17 décembre 1903 le brevet du procédé autochrome de restitution photographique des couleurs.
Un positif, sorte de diapositive, obtenu à partir d’une pellicule noir et plan, couchée sur une plaque de verre, exposée au travers de filtres bleu-vert-rouge (filtres faits de grains de fécule de pomme de terre teintés dans ces trois couleurs).
C’est la première technique industrielle de photographie couleurs.
Commercialisée de 1907 à 1932 elle permet de découvrir les horreurs de la première guerre mondiale en couleur !

La photographie instantanée

Edwin H. Land commercialise en 1948 le premier procédé d’appareil à développement instantané noir et blanc (Polaroid 95) puis couleur en 1963 avec l’invention du film Polacolor.

Les pionniers de la photographie

Pendant très longtemps, l’agrandisseur moderne n’existant pas, les tirages se font par contact.
Le tirage est de la même taille que le négatif.
Le seul moyen d’obtenir un tirage de grande dimension étant d’augmenter la taille du négatif, par conséquent, la taille de l’appareil photographique.
Le record est détenu par les Américains avec une chambre photographique de 4m de long pesant 650kg monté sur un wagon de chemin de fer, chaque plaque photographique pesant 225kg !
Tout cela pour obtenir des tirages de 135 cm x 240 cm présentés lors de l’exposition universelle de Paris de 1900.

Il est évident que ce matériel de grande dimension, construit en bois est lourd et encombrant.
<h2>Le collodion humide</h2>

Le procédé du collodion humide s’étant momentanément imposé, oblige à :

  • étaler le collodion, manuellement sur une plaque de verre ;p
  • placer cette plaque de verre encore humide, d’où le nom du procédé, dans l’appareil photo ;
  • Exposer le sujet ;
  • développer la plaque avant que le collodion ne soit sec.

Tout ceci impose d’avoir un laboratoire à proximité.
Les photographes se déplacent avec un chariot équipé en laboratoire, tiré par un ou deux chevaux (Et vous trouvez votre reflex lourd et encombrant !)

C’est avec de tels procédés que de courageux reporteurs couvrent des événements tels que la guerre de Crimée !
On est bien loin de l’appareil numérique tout automatique !

La photographie moderne

En 1884, l’Américain George Eastman fabrique les premières pellicules en bobine.
En 1888, il lance sur le marché un appareil « compact » de 18 cm de long !
Cet appareil est équipé d’une pellicule permettant 100 prises de vue.
L’idée du projet est de rendre la photographie accessible à tous en proposant un système simple à utiliser.
Cet appareil est équipé d’un objectif non interchangeable, d’un obturateur central mécanique doté d’un seul temps de pose proche du 125e.
Les 100 vues exposées, l’appareil photographique est renvoyé en usine où la pellicule est développée et tirée, l’appareil chargé d’une nouvelle pellicule de 100 poses est renvoyé au client.
Le principe est très proche des « Instamatic » à chargeurs.

Photographie pour tous

La photographie accessible à tous pour environ 25 $.
Une conception marketing très novatrice à l’origine de l’empire Kodak, mot inventé par George Eastman pour qu’il soit prononçable et reconnu dans toutes les langues.
1891, Kodak commercialise les premières pellicules interchangeables à la lumière du jour.
1889 les pellicules sur papier sont remplacées par les pellicules sur celluloïd.
Procédé utilisé jusqu’à l’avènement de la photographie numérique.

La photographie moderne est née à la fin du XIXe siècle.
Et n’évoluera plus dans son principe jusqu’à la photographie numérique.
Les évolutions, les améliorations, seront nombreuses comme l’avènement du mythique Kodachrome.

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